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L’argent du Loto pour la valorisation du patrimoine

L’argent du Loto pour la valorisation du patrimoine

13 janvier 2021 | PAR Lise Ripoche

Pour l’édition 2020 ce seront 98 monuments au total qui se partageront 15 millions d’euros récoltés. Une initiative visant à aider à la conservation d’un patrimoine en péril grâce à la mobilisation citoyenne. 

Ce projet porté par Stéphane Bern, le chantre du patrimoine français, connaît un véritable succès populaire. Les gratteurs du pays ont pu acheter leurs tickets spéciaux dont le prix comprenait une part directement reversée par la Française des jeux à la Mission Patrimoine (par exemple, pour un ticket à 15 euros, 1,76 euros sont reversés). Il s’agit donc là d’une contribution populaire et volontaire aux travaux visant à conserver, voire à restaurer des monuments emblématiques du patrimoine national. 

Ce que l’on nomme le « patrimoine français » ce sont autant de châteaux, de fontaines, de chapelles, de pigeonniers, de moulins, de prieurés, d’écluses, de couvents ou de remparts qui jalonnent le territoire. La spécificité de cette édition est que la Mission a choisi cette fois —parmi les candidatures en grande majorité relevant du secteur religieux— d’autres types de monuments tel que la maison natale de Colette, à Saint-Sauveur-de-Puisaye (Yonne), ou même la manufacture de couvertures et de molletons de Thizy-les-Bourgs (Rhône). Avec le temps la Mission Patrimoine s’ouvre donc à une définition plus large du patrimoine, ce qui, à long terme, pourrait être assez salutaire pour la richesse et la diversité de la culture française. 

Dans le détail 19 sites ont été élus pour recevoir la subvention maximale de 300 000 euros. Parmi eux, l’ancien couvent des Bernardines, à Saint-Aignan-sur-Cher (Loir-et-Cher), le fort de Tournoux, à La Condamine-Châtelard (Alpes-de-Haute-Provence), les serres du château de Savoye, à Villabon (Cher), le mur à pêches de Montreuil (Seine-Saint-Denis), le domaine de Senelles, à Bias (Lot-et-Garonne), ou encore le pigeonnier du château de Lacassagne (Gers). La moyenne des autres subventions s’élève à 75000 euros par site. 

Le grand nombre de candidatures à chaque édition (647 pour celle-ci) témoigne de la situation délétère dans laquelle sont parfois laissés ces monuments, peinants à trouver les financements nécessaires. Dès lors, malgré l’espoir que représente cette formule de cotisation citoyenne et volontaire, il ne s’agirait pas pour autant de penser avoir résolu la question, fondamentale pour la culture, de la gestion du patrimoine. Comme le rappelait Stéphane Bern dans une tribune au Monde en 2019: 

« Il faut comprendre les difficultés que rencontrent les élus ruraux, les associations et des propriétaires privés. Ils ne ménagent ni leur temps ni leur énergie pour entretenir les vieilles pierres, les sortir de l’oubli ou réparer du temps « l’irréparable outrage » mais sont confrontés à un obstacle financier souvent insurmontable. Certes l’Etat protège les monuments historiques et les subventionne mais le patrimoine non protégé, tout aussi nombreux et caractéristique ne peut compter que sur le soutient des collectivités locales, de la Fondation du patrimoine et des associations.« 

 

 

crédit visuel: © L. Larralde

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Lise Ripoche

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