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Le verdict du procès Causette est tombé

20 décembre 2012 | PAR Tatiana Chadenat

Poursuivi en diffamation, le magazine féminin d’information politique et générale «Causette» a remporté le procès qui l’opposait au maire de Maubeuge, Rémi Pauvros.

Le fraîchement élu «meilleur magazine de Presse» par le Grand Prix des Médias de CBNEWS, «Causette» a bien failli voir ses finances s’éroder. Poursuivi en diffamation par le Maire de Maubeuge, Rémi Pauvros suite à la parution d’une enquête dénonçant des abus sexuels qui se seraient déroulés à la Mairie, le magazine aurait du débourser un petit 80 000 euros dans le cas d’une victoire de la partie adverse. Dans une interview du 21 octobre donnée au journal les Inrocks, son directeur de publication et cofondateur, Gégory Lassus-Debat confiait : “On est une petite structure, on a trois ans et pas de trésorerie. Vous imaginez l’inquiétude que ce procès représente pour nous ! Il pourrait dessouder Causette”.

Retour sur cette affaire : en avril 2012 le magazine sort un numéro dénonçant les agressions sexuelles impunies dans différentes mairies et assemblée nationale sous un titre choc «le droit de cuissage à la Mairie». Une enquête rassemblant chiffres de l’AVFT (association européenne contre les violences faites aux femmes au travail) et témoignages, pointait du doigt, entre autres, les viols collectifs perpétrés sur une des collaboratrices du Maire de Maubeuge entre 2006 et 2011. Ce dernier, en pleine campagne électorale avait alors effectué une enquête en interne au lieu d’en informer les autorités judiciaires comme il en avait l’obligation, a rappelé le vice procureur pendant le procès.

S’estimant « victime d’imputation des faits qui portent atteinte à son honneur” et celle de la Mairie, Rémi Pauvros a poursuivi le journal en diffamation. “N’oubliez pas que ces gens sont mariés, a expliqué la première adjointe. Comprenez, on ne peut pas porter des accusations quand il y a des familles derrière“. C’est précisément ce que cherchait à démontrer le dossier : “Il ne faut pas l’oublier ! en France, le viol n’a pas l’air si grave que ça, c’est ce qui ressort de cette enquête en tout cas, et c’est ce qu’on dénonce” a expliqué Gregory Lassus-Debat.

Le verdit a été rendu hier, et aucune charge n’a été finalement retenu contre le magazine. La nullité a été prononcée en vertu de l’irrecevabilité des poursuites à l’encontre de la société éditrice du Mensuel et de l’imprécision des faits reprochés aux prévenus. «A partir du moment où les faits mentionnés dans l’article sont exacts, on peut difficilement entrer en voie de condamnation», commentait déjà au procès le vice-procureur.

Dans son communiqué de presse du 21 décembre 2012, le Maire de Maubeuge a constaté que Tribunal actait dans son jugement que les affirmations litigieuses ne concernaient ni sa ville, ni sa personne.

Mais l’affaire n’est peut être pas terminée. Le magazine a déboursé 20 000 euros de frais de justice, et son directeur de publication de confier aux Inrocks le 19 décembre : “On réfléchit à se faire rembourser ou non, on ne s’interdit pas d’attaquer à notre tour pour procédure abusive ».

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Tatiana Chadenat

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