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Guillon, Dujardin, Lellouche, Beckinsale : censurés

Guillon, Dujardin, Lellouche, Beckinsale : censurés

06 février 2012 | PAR Clementine Athanasiadis

Qu’ont en commun Stéphane Guillon, Jean Dujardin, Gilles Lelouche et Kate Beckinsale ? Les affiches faisant leur promotion ont été censurées.

La semaine dernière, Metrobus, la régie publicitaire de la RATP demandait à ce que les affiches du prochain spectacle de l’humoriste Stéphane Guillon à l’Opéra, soit retirées. La raison ? Le caractère jugé trop politique de l’accroche : «En mai 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi». Metrobus y a vu une allusion au départ supposé du président Nicolas Sarkozy à l’issue des futures élections présidentielles. « Cette campagne a été rétorquée au niveau de l’accroche. Notre direction juridique a estimé que cela n’entrait pas dans le cadre de notre convention avec la RATP. Nous devons nous abstenir de toute communication à caractère politique ou religieux, surtout en période électorale », déclarait alors la direction de la communication de Metrobus, régie publicitaire de la RATP (groupe Publicis). L’humoriste a alors crié à la censure rétorquant qu’il pouvait faire allusion à bien d’autre chose. Peut être aux affiches du film Les infidèles qui elles aussi s’en sont allées ?

Le film à sketches des deux amis Jean Dujardin et Gilles Lellouche fait déjà parler de lui alors qu’il est prévu sur nos écrans le 29 février. L’afficheur JC Decaux annonçait le retrait des affiches à la demande de l’Autorité de régulation professionnelles de la publicité (ARPP). Sur l’une des deux affiches, Jean Dujardin, de face, tenait les deux jambes dénudées d’une femme, la tête en bas, disant « Je rentre en réunion »; sur l’autre Gilles Lellouche lançait au téléphone « ça va couper, je rentre dans un tunnel » tandis que, vue de dos, une femme ne montrait que ses deux mains sur son torse et sa chevelure au niveau de sa braguette. Ces affiches « sont clairement de nature à heurter, à choquer une partie du public… puisqu’elles propagent une image de la femme portant atteinte à sa dignité et à la décence », affirmait à l’AFP Stéphane Martin, directeur général de l’ARPP. Via Twitter, l’affaire a vite fait du bruit aux Etats-Unis, pays très attaché aux bonnes manières, à quelques semaines des Oscars pour lesquels « The Artist » et Jean Dujardin sont donnés grands favoris.

Jamais deux sans trois, vendredi, c’était au tour du film américain Underworld: nouvelle ère de subir les coups de la censure. En vue des violences urbaines que connait la ville et au motif que la campagne du film montre des armes, la Régie des transports marseillais (RTM) et la régie publicitaire Média Transports ont refusé de poser les affiches sur les bus  municipaux. Pour l’instant, la sanction concernant Underwold: nouvelle ère ne touche que cette ville.

Ce n’est pas la première fois que des affiches sont retirées, censurées ou modifiées. Rappelons-nous de celle faisant campagne pour le film Gainsbourg : vie héroïque. Sur l’affiche Eric Elmosnino de profil, recrache une épaisse fumée blanche sur un fond noir. La loi Evian oblige, la fumée doit être retirée, comme la pipe que Tati a à la bouche sur l’affiche faisant la promotion d’une exposition consacré au cinéaste, qui se voit  remplacée par un moulin à vent…

Mais pour les trois cas cités plus haut, aucune loi ne rentre officiellement en vigueur. Un sémiologue a-t-il affirmé que l’affiche de Stéphane Guillon était bien à caractère politique ? Un sociologue s’est-il penché sur les affiches du film Underwolrd pour affirmer l’incitation à la violence dans une ville comme Marseille ? Et enfin, l’ARPP a-t-elle le monopole de la bienséance ? On est en droit de se demander ce  que cette vague de censure traduit ?  Comment se fait-il que dans un pays où est prônée la liberté d’expression, le débat ne semble pas avoir de place.

Pensez vous que ces affiches ont eu bon d’être retirées?

 

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Clementine Athanasiadis

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