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Canal+ « sauvé » par Nicolas Sarkozy

10 septembre 2010 | PAR Tristan Karache-Prudent

Canal+ avait annoncé que si la TVA passait de 5,5% à 19,6%, la chaine serait alors obligée de réduire ses investissements dans les aides qu’elle offre chaque année pour les films français. Les professionnels du cinéma vont pouvoir se rassurer puisque le président Nicolas Sarkozy a annoncé que cette mesure ne sera pas prise.

En effet Canal+ investit 170 millions d’euros par an pour favoriser le développement et la création des films nationaux. Cette aide avait été négociée en 1984 lors de la naissance de la chaîne avec François Mitterrand en contrepartie d’une TVA à taux réduit. Le ministre du Budget, François Baroin, souhait récupérer avec la hausse de la taxe à 450 millions d’euros, Canal+ n’ayant qu’une marge d’environs 350 millions.

La chaine cryptée avait même émis l’hypothèse d’augmenter les abonnements mensuels de 6 euros alors qu’il faut compter entre 30 et 45 euros par mois selon les offres. Elle aurait donc pris le risque de perdre 1,2 million d’abonnées et se serait contrainte de réduire considérablement ses aides à la production cinématographique. En 2009, le groupe a financé 134 films à hauteur de 15% du budget environs. Pour le professeur en économie de la culture à la Sorbonne, François Benhamou :  «  Canal+ prend part au financement de la majorité des films français qui sortent chaque année. L’équilibre du cinéma national passe par ce soutien».

La Société des Auteurs et des Compositeurs Dramatiques (SACD) s’offusquait devant la mécanique politique qui visait à baisser la TVA d’un côté dans le domaine de la restauration et de l’augmenter pour le cinéma. Le directeur de la SACD, Pascal Rognard avait déclaré : « C’est baroque ! En France, on baisse la TVA pour les restaurateurs et on l’augmente pour le secteur de la création. C’est un non-sens ! Et c’est jeter aux orties tout ce qui fait l’exception culturelle de notre pays. On ouvre un boulevard aux intérêts américains».

Heureusement lors d’une réunion où étaient présents la plupart des représentants des organisations du cinéma avec la SACD, MK2, UGC, l’Union des Producteurs Français (UPF) et la Société des Producteurs Indépendants (SPI), le chef de l’état a tenu son rôle de protecteur en affirmant son soutien aux financements. Il a aussi indiqué que la hausse de la fiscalité sur les offres « triple plays » incluant internet, télévision et téléphonie était à l’étude.

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Tristan Karache-Prudent

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