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Les barons, un chouia paresseux mais tellement attendrissants

14 décembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

Avec « les barons », Nabil Ben Yadir nous emmène sans chichi dans le quotidien d’une bande d’amis d’un quartier musulman de Bruxelles. Hassan, Mounir, et Aziz ont un sacré poil dans la main, mais forment un gang tellement gentil qu’on ne peut que se laisser séduire. Un prix du jury bien mérité au festival du film de Marrakech.

Hassan (Nader Boussandel) veut être humoriste, mais il n’ose rien en dire à son père, homme charismatique émigré en Belgique pour travailler dur comme chauffeur de bus. En attendant, alors qu’il frôle la trentaine, le fils prodigue traîne aux côtés de ses deux amis du quartier avec lesquels ils forment le gang des barons. Les barons ne fument pas, ne boivent pas, et ne dealent pas. Ils se contentent de pointer au chômage et de végéter littéralement sur l’étalage de fruits du seul commerçant belge pur sucre du quartier qui les adore, même s’il se rend bien compte que ce n’est pas avec des jeunes aussi peu ambitieux que la Belgique pourra« reconquérir le Congo ». Les barons ont plusieurs atouts : une amitié plus dure que fer, le luxe d’une BMW achetée… à 8, et aussi une philosophie de vie : chacun aurait un nombre de pas comptés dans la vie, aussi essaient-ils de garder leurs baskets immaculées et ils marchent le moins possible. Jusqu’au jour où le père de Hassan se retrouve à l’hôpital. Bon fils, Hassan se décide alors à faire plaisir à son père et devenir chauffeur de bus. Mais son père désire également qu’il épouse une jeune femme musulmane de bonne famille. Or, pour Hassan, il n’est pas facile de renoncer à la femme qu’il aime,  la très libre Malika (Amelle Chahbi), sœur de son pote Malik et journaliste indépendante qui a réussi à sortir du quartier pour percer au niveau national…

Drôle, tendre, et enveloppant tous les clichés d’une gangue d’impertinence, « les barons » est une divine surprise. Avec très peu de moyens, Nabil Ben Yadir sait donner un rythme et un ton extrêmement originaux à un film qui parvient à dépasser le communautarisme sans tomber dans les trop bons sentiments. Et l’on partage effectivement les affres du passage à l’âge adulte avec les personnages, nés en Belgique ,mais encore à cheval sur des principes venus de pères respectés et redoutés. Les barons, c’est un peu comme une version beur et belge des chtis. Mais réussie ! Parce que les dialogues sont bons, le comique pas toujours de répétition, et que le  film sait aussi montrer les complexités cachées derrière le joli message : « nous sommes tous faits pour nous aimer et nous entendre ».

« Les barons », de Nabil Ben Yadir, avec Nader Boussandel, Mourade Zeguendi, Mounir Ait Hamou, Amelle Chahbi, Edouard Baer, Virginie Efira, Fellag, Bouba et Jean-Luc Couchard, Belgique/France, 2008, 1h51, sortie le 20 janvier.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

4 thoughts on “Les barons, un chouia paresseux mais tellement attendrissants”

Commentaire(s)

  • Michel peltier

    Film très moyens, du déjà vu « BEUR BLANC ROUGE » bref pas fameux tout ce bruit pour pas grand chose

    décembre 22, 2009 at 19 h 20 min
  • Antoine

    Un film tendre et drôle(!). qui n’hésite pas à chatouiller les clichés à rebrousse-poil. Le message principal étant « plutôt que de vous plaindre, sortez vous les doigts d’ou je pense et prenez votre vie en main ».
    Chaleureusement recommandable.

    janvier 15, 2010 at 9 h 34 min

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