Cinema

Le Soliste : du best-seller au film

14 décembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

Joe Wright (« Orgueils et préjugés ») adapte le best-seller du journaliste du Los Angeles Times, Steve Ayers, « Le soliste », sur sa rencontre avec un sans-abri aux dons musicaux incroyables. Une histoire d’amitié hors des sentiers battus dans la cité des anges comme vous ne l’avez jamais vue.

En charge d’une chronique pour le Los Angeles Times alors en crise, Steve Lopez est à la recherche d’un nouveau sujet. C’est alors qu’il rencontre devant une statue de Beethoven un sans-abri sympathique, et jouant du violon sur un instrument où il ne reste plus que deux cordes : Nathaniel Ayers. Même si le discours de Nathaniel est très haché, celui-ci  a laissé échapper qu’il a un jour étudié à la prestigieuse Julliard School de New-York. Après vérification, Steve Lopez fait de Nathaniel Ayers le héros de sa chronique. Celui-ci était violoncelliste et s’apprêtait à en faire sa carrière, lorsqu’une crise de schizophrénie l’a forcé à quitter l’université. L’histoire du clochard musicien passionne les lecteurs du Los Angeles Times qui envoient leurs témoignages de sympathie et aussi un instrument flambant neuf pour Nathaniel. De son côté, l’ours solitaire Lopez est de plus en plus attaché à son nouveau sujet. Mais quelle que soit la force de l’amitié, il est bien difficile de lutter contre la folie qui peut d’un moment à l’autre rendre le doux Nathaniel très agressif.

Extrait d’une histoire vraie et terriblement touchante, « Le soliste » se montre à la hauteur de l’amitié extraordinaire née entre un journaliste en fin de course et un génie de la musique désarçonné. Ne lésinant pas sur les belles images, ni sur l’appel à Beethoven pour émouvoir son public, Joe Wright montre avec empathie un visage peu connu de Los Angeles : celui de la pauvreté désarmée et pas toujours dénuée de tendresse humaine des sans-abris. Il a engagé des acteurs non-professionnels pour tenir leur propre rôle dans cette cour des miracles contemporaine. Si en prodige abîmé par la vie Jamie Foxx (oscarisé pour son rôle dans « Ray ») est extrêmement décevant, Robert Downey JR. transmue son personnage pour faire de Steve Lopez le caractère le plus fort du film. A voir en famille, en couple ou même seul pour se rappeler que le talent, tout comme l’amitié, ne choisissent pas toujours les autoroutes des conventions.

« Le soliste », de Joe Wright, avec Jamie Foxx, Robert Downey JR., Catherine Keener, Tom Hollander, et LisaGay Hamilton, d’après les chroniques et les roman de Steve Lopez, U.S.A., 2009, 1h57, sortie le 23 décembre 2009.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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