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Le cinéma en crise : fermeture temporaire du Grand Rex

Le cinéma en crise : fermeture temporaire du Grand Rex

28 juillet 2020 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Faute de fréquentation, le célèbre cinéma parisien se voit obligé de fermer ses portes du 3 au 26 août. Il n’est malheureusement qu’un exemple parmi d’autres, constat d’un secteur en crise. 

Le cinéma est au plus mal. Pour la première fois depuis son ouverture en 1932, le Grand Rex est contraint de fermer au public pour le mois d’août. Malgré les efforts pour attirer les spectateurs, aucune hausse de la fréquentation ne s’est fait sentir, restant au plus bas depuis la réouverture des salles le 22 juin dernier. Alexandre Hellman, propriétaire du célèbre cinéma parisien, s’explique dans les colonnes du magazine spécialisé Box-Office Pro : “Nous avons tout réduit en débutant nos séances à 16 heures, en fermant certaines salles, en faisant un roulement hebdomadaire entre nos équipes. Mais le public n’a pas la tête au cinéma.

Cette fermeture, symbolique, d’un des plus grands cinémas d’Europe est un choc. Le Grand Rex rassure pour autant les cinéphiles parisiens : « Le Grand Rex va bien et nous n’allons pas fermer définitivement. Nous prenons cette décision temporaire pour pallier à la réalité du moment et de la situation mondiale liée au Covid-19.« 

Tout un écosystème désemparé

Selon les chiffres de la Fédération nationale des cinéma français (FNCF) qui tirait la sonnette d’alarme ce lundi, la fréquentation aurait chuté de 70%. « Les cinémas font face à une crise sans précédent qui les fragilise de manière profonde, s’alarme la FNCF dans un communiqué. Les spectateurs sont pourtant au rendez-vous des quelques films que certains distributeurs ont eu le courage de sortir à la réouverture des cinémas, mais force est de constater que l’offre de films est insuffisante« . 

C’est tout un écosystème qui est secoué par la crise : location des décors, des studios et des caméras, tournage, animation 3D, postproduction, effets spéciaux, doublage, sous-titrage… Mi-juillet, la Ficam (Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia) établissait une perte d’activité de 48% entre le début de l’épidémie et la fin de l’année. Des réactions en chaine sont attendues et désemparent les professionnels face à un marché qui n’est pas sur le point de reprendre : la rude baisse des recettes publicitaires va sévèrement et durablement impacter la participation des médias au secteur, eux aussi en grande difficulté, sans compter la situation critique aux États-Unis qui ne permet pas de prévoir un redémarrage dans les prochains mois. Les salles, qui y toujours fermées, entrainent le décalage de nombreuses sorties très attendues, comme Mulan ou Top Gun : Maverick, et les caméras d’Hollywood toutes à l’arrêt depuis le début du confinement en Californie a obligé de nombreuses grosses productions à stopper leur tournage, comme c’est la cas pour Mission Impossible 7 et Jurassic World : Dominion. Force est de constater que ce sont celles-ci qui font vivre les salles de cinéma qui se retrouvent alors en manque public ces dernières semaines avec aucun blockbusters pour attirer les foules. 

Une lueur d’espoir

Bruno Barde, directeur du Festival du film américain de Deauville, invité de la matinale de France Inter ce matin, est plus optimiste. Son festival est maintenu du 4 au 13 septembre, il l’assure : « L’annulation ne fait pas partie du scénario« . Néanmoins, ce sera probablement une édition 2020 sans invités américains, qui devraient rester immobilisés Outre-Atlantique encore longtemps, un comble pour le festival du film américain. 

La programmation dévoilée aujourd’hui annonce que Deauville soutiendra Cannes, en projetant dix films qui auraient dus être en compétition sur la Croisette en mai dernier. Ce seront majoritairement des films français (ADN de Maïwenn, Les Deux Alfred de Bruno Podalydès, Rouge de Farid Bentoumi), il sera effectivement plus facile pour les équipes du film de se déplacer… 

 

Visuel : © Truus, Bob & Jan too!

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