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La culture réagit à l’attentat de Las Vegas

La culture réagit à l’attentat de Las Vegas

03 octobre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Plus de 24 heures après la fusillade de Las Vegas, les professionnels de la culture s’expriment sur les réseaux sociaux. Et remettent la question du port d’armes à feu à l’ordre du jour.

Lundi soir, Las Vegas. Stephen Craig Paddock, un retraité blanc Américain, s’engouffre dans un étage élevé d’un hôtel à Las Vegas surplombant un festival de musique Country en plein air. Disposant de 23 armes de calibres différents selon la police, il tire sur la foule, faisant 59 morts et plus de 500 blessés – et le bilan s’alourdit d’heure en heure.

Presque deux ans après le Bataclan et seulement quelques mois après le concert d’Ariana Grande à Manchester, le domaine de la culture est à nouveau touché par une attaque terroriste qui, cette fois, ne présente aucun lien avec Daesh selon le FBI, malgré les revendications du groupe Etat islamique. En ciblant un festival de musique Country, véritable institution aux Etats-Unis qui n’a cependant pas – ou difficilement – dépassé les frontières, Paddock s’est attaqué au cœur de la culture américaine.

Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre. Si le groupe Eagles of Death Metal, dont le concert avait été pris pour cible au Bataclan le 13 novembre 2015 (voir notre dossier), ne s’est pas encore exprimé, la chanteuse Ariana Grande a fait part de sa tristesse et lancé un appel à remettre en question le délicat second amendement de la constitution américaine, qui autorise le port d’armes sans véritables contrôles préalables. « Nous avons besoin d’amour, d’unité, de paix, de contrôle des armes à feu » a-t-elle ainsi écrit, soulignant ensuite l’importance de ne pas réserver le mot « terrorisme » aux tueurs non-caucasiens et non-chrétiens.

Elle n’est pas la seule à avoir réagi de la sorte. Face au silence du président Donald Tump sur la question du port des armes, de nombreuses personnalités américaines ont fait part de leur inquiétude sur Twitter, relançant un débat qui s’éternise. « Nous devons dépasser le stade des condoléances […] et avoir le courage de parler de la violence armée » a affirmé l’actrice et humoriste engagée Amy Poehler. Le débat a notamment été remis sur la table par de nombreux animateurs de « late shows » américains tels que Jimmy Kimmel ou Stephen Colbert. Ce dernier s’est adressé directement au gouvernement américain dans un discours poignant, au cours duquel il a appelé le Congrès et Donald Trump à réagir en votant une loi sur la régulation des armes à feu, déclarant que « ne rien faire relève de la lâcheté ». Une violence qui ne doit pas, ajoute-t-il, devenir la « nouvelle norme », un message qui prend toute sa pertinence aujourd’hui, le hashtag #LasVegas ne figurant déjà plus sur la liste des Tendances : Monde du réseau social.

En France les réactions rejoignent celles d’outre-Atlantique. Si les réactions officielles sont parfois restées minimales (la ministre de la culture Françoise Nyssen ne s’est contentée que d’un simple retweet), de nombreuses caricatures sont apparues sur le Web. Celles du dessinateur de presse Chaunu, par exemple, mettant en avant l’hypocrisie de certain(e)s hommes et femmes politiques américain(e)s en général et de Donald Trump en particulier, qui, tout en faisant chaudement part de leur émotion et de leurs condoléances, restent de fervent défenseurs du port d’armes à feu. Même son de cloche pour le dessinateur satirique Nawak qui, allant un cran plus loin, représente la joie de la  « fachosphère » française face à la revendication de la fusillade par Daech, revendication qui leur aurait permis, un bref instant, de renouveler leurs attaques à l’encontre des musulmans.

Après le drame, les professionnels de la culture appellent au changement, se tournant principalement vers les hommes et femmes au pouvoir. Un appel généralisé pour plus de contrôles, en somme, afin que les lumières de Las Vegas n’aient plus jamais à s’éteindre.

Visuel :©Pixabay

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Sarah Reiffers

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