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Joumana Haddad, persona non grata du Printemps de la Culture à Barhein

Joumana Haddad, persona non grata du Printemps de la Culture à Barhein

23 mars 2015 | PAR Simon Théodore

« Les athées sont apparemment plus dangereux que les égorgeurs et les bruleurs du peuple » déclarait Joumana Haddad, sur son compte facebook, le 20 mars 2015. Organisé pendant les mois de mars et avril à Barhein, le « Printemps de la Culture » réunit différentes formes d’art ( musique, théâtre, danse, poésie, peinture, etc.) issues du monde arabe. La grande intellectuelle libanaise s’est vu refuser l’entrée dans le royaume de Barheïn.

joumana haddad par hayat karanouth

Né en 1970 dans la capitale du Liban, Joumana Haddad est une journaliste et poète qui a aussi enseigné à l’université de Beyrouth. Rédactrice en chef de la revue culturelle Jasad, elle dirige, malgré de fortes pressions religieuses, ce trimestriel arabophone explorant les rapports entre l’art et le corps. Elle a notamment publié des dossiers, sans pudeur, sur le pénis, le fétichisme des pieds ou encore l’homosexualité. Auteure de nombreux ouvrages traduits à travers le monde (« Superman est Arabe », « J’ai tué Shéhérazade »), elle dénonce, par exemple, le patriarcat dans certaines sociétés du Moyen-Orient. Cette militante devait donner, le 6 avril, une conférence sur la poésie mais ne pourra finalement pas rentrer sur les terres de Hamed ben Hissa Al-Khalifa.

En mars 2014, elle est sélectionnée par le magazine CEO Middle East comme l’une des femmes les plus influentes du monde arabe. Sur son compte twitter, cette défenseure des droits de la femme et des homosexuels se définit comme athée et laïque. Ses convictions et ses croyances sont en opposition aux croyances de celle de la monarchie constitutionnelle, où l’Islam tient une place prépondérante. Dès sa venue annoncée, elle fut victime d’une campagne de dénonciation de la part des plus intégristes. Invoquant « des raisons de sécurité », l’organisation du « Printemps de la Culture » préféra annuler sa venue.

À travers cette censure, Joumana Haddad apparaît, une nouvelle fois, comme une figure du combat de la culture contre une forme de politique, régie par l’intégrisme religieux.

Visuel : (c) Hayat Karanouth (wikipedia)

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