Essais

« Carnet de thèse », histoire d’une solitude partagée

« Carnet de thèse », histoire d’une solitude partagée

23 mars 2015 | PAR Jean-Paul Fourmont

Tiphaine Rivière, a travaillé au sein de l’école doctorale d’une grande université, en préparant sa thèse en littérature. Elle partage le parcours que tant taisent dans les bas-fonds des bibliothèques.
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DOCTORANTE EN THÈSE
Jeanne Dargan, jeune professeur au collège, vient d’être acceptée en thèse.
Euphorique à l’idée de rejoindre le monde universitaire, elle ne soupçonne pas l’épaisseur de la jungle dans laquelle elle pénètre.
Entre son charismatique directeur de recherche, expert dans l’art d’esquiver les doctorants qui attendent fébrilement la lecture de leurs pavés, la secrétaire usant de toute l’étendue de son pouvoir d’inertie dans le traitement des dossiers, les colloques soporifiques où les thésards s’évertuent à attirer l’attention des grands pontes et les amphis bondés d’étudiants à qui elle donne des cours payés au lance-pierre.
Jeanne tente de trouver sa place.
Mais au désespoir de sa famille et de son compagnon qui n’y comprennent rien, cette thèse n’en finit pas et vire à l’obsession.
À la manière d’un récit d’apprentissage, avec humour et finesse, ce roman graphique raconte le quotidien des doctorants qu’on compte aujourd’hui en France, par dizaines de milliers et qui comme Jeanne, poursuivent leurs recherches comme une quête existentielle.
Après avoir lu ce livre, on ne demandera plus « Alors, cette thèse »

Ce roman graphique, car c’est plus qu’une bande dessinée, expose les déboires de beaucoup de jeunes, qui ne trouvant, pas d’emploi, décident de faire une thèse.
Les rapports sont souvent difficiles avec le directeur de thèse, qu’il ne faut pas froisser, et qui répond toujours avec retard, quand il répond, et l’administration de l’université, qui demande toujours des documents, ou organise des réunions.
Et puis, il y a le conjoint, les amis, la famille, qui ne comprennent pas.
On se croirait, dans les « frustrés « de Bretécher, c’est très drôle.
À l’arrivée, il y a peu d’élus, bravo et bon courage.

Carnets de thèse, Tiphaine Rivière, éditions du seuil, mars 2015, 19,90 euros, 180 pages

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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