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[Interview] : Emilie Seck, chargée de la prévention à Solidarité Sida

[Interview] : Emilie Seck, chargée de la prévention à Solidarité Sida

01 décembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

À la fois acteur de prévention, organisateur d’événements et partenaire d’associations communautaires à travers le monde, Solidarité Sida est une entité à multiples facettes qui se veut originale dans sa culture et ses principes d’action. Toute la culture a interrogé la responsable de la prévention.

« Solidarité Sida organise des actions de prévention sur le terrain en allant à la rencontre des jeunes. Placées sous le signe de l’échange et de l’interactivité, ces rencontres permettent d’apporter des réponses concrètes à toutes les questions liées au sida (modes de transmission, comportements à risque, dépistage, etc.), mais aussi à la sexualité, à la contraception et aux infections sexuellement transmissibles. »

Quelles sont les modalités de prévention que vous utilisez à Solidarité Sida ?

Nos démarches sont tournées autour de la sexualité et du plaisir. Dans l’acte sexuel, c’est les premières choses auxquelles les gens pensent et c’est sur cela que nous travaillons. On nous répète de plus en plus que la société d’aujourd’hui est sans tabou en ce qui concerne le sexe, mais en fait ce n’est pas du tout le cas. C’est souvent compliqué d’admettre qu’on ne se protège pas.

Nos moyens ne sont pas des brochures mais plutôt des sex toys, des jouets érotiques qui vont susciter la curiosité, et qui vont mettre à l’aise les gens pour parler de leur sexualité. Nous voulons combattre les a priori, les informations mal comprises, ou le silence et tout cela passe d’abord et avant tout par le dialogue. Nous cherchons à aller sur le terrain de l’autre pour comprendre les craintes et proposer des moyens de réduire les risques du quotidien.

Intervenez-vous sur des populations spécifiques ? 

Nous adoptons des démarches publiques, comme aller sur les lieux festifs par exemple, pour susciter la curiosité des noctambules, en allant à leur rencontre. Cette prévention sur le terrain de la fête permet une action originale de prévention tournée autour de la recherche de plaisir. Nous parlons de la sexualité avec des objets insolites (sex toys, préservatifs fantaisie, lubrifiants parfumés, etc.).

Nous intervenons aussi sur les populations gays, les usagers de drogues, les mineurs étrangers isolés, les lycéens… Pour les lycéens ou jeunes personnes, notre démarche n’est pas celle des préventions habituelles qui distribuent entre autres des brochures. Nous sommes plutôt axés sur la santé sexuelle. Nous parlons de tout ce qui peut être un frein à la sexualité comme l’estime de soi, le désir mais aussi le non désir, la discrimination…

Solidarité Sida ne fait pas de dépistage, le but de notre prévention est d’agir sur l’écoute de chacun et l’orientation. Nous cherchons à créer des espaces de parole.

Trouvez-vous que la prévention pour le Sida en général déploie suffisamment de moyens de contraception dans les lieux publics ?

Il n’y a jamais eu de vraies campagnes de prévention dans les bars hétérosexuels. Avant, on pouvait trouver des gels et des préservatifs dans les toilettes des bars gays mais aujourd’hui ces moyens de prévention n’existent presque plus. C’est en partie pour cela que nous décidons de faire la démarche d’intervenir sur ces lieux festifs.

Visuels : ©site http://www.solidarite-sida.org/

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Pauline L'Huillier

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