Danse

PIXEL: MOURAD MERZOUKI JOUE LES BROUILLEURS D’ONDES

PIXEL: MOURAD MERZOUKI JOUE LES BROUILLEURS D’ONDES

01 décembre 2015 | PAR Araso

La Villette programme pour deux dates exceptionnelles Pixel, la création de 2014 de Mourad Merzouki aux confins du hip-hop, du cirque et de la video autour du thème de l’exposition de notre société aux écrans et aux images numériques. L’actuel directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne revient à la Villette avec sa compagnie Käfig donner une performance visuelle pure.

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Il est toujours extrêmement jouissif de voir hip-hop et break dance entrer dans l’arène à grand renfort de baby-freeze et de variations libres. Les pieds bougent, le coeur se gonfle de joie et commence à palpiter. Ici, l’arène en question est une sorte de boule de neige de synthèse que la video interactive en 3D active de ses soubresauts. Les muscles ondulent et se convulsent à l’envi entre deux explosions de confettis numériques. La maîtrise du geste est parfaite, la coordination impeccable. Rien de dépasse de cette fantasmagorie électrique à effet de synecdoche qui est du coup presque trop propre. Les corps se confondent et deviennent des ectoplasmes vidés de leur substance. De la pensée naît le mouvement, et c’est là que le bât blesse.

Si l’effet visuel est garanti, les amateurs de danse restent sur la touche. La musique n’accompagne que trop rarement le mouvement, préférant s’en désolidariser pour jouer dans le registre kitsch à souhait ne laissant derrière elle qu’un sillage sonore vaguement urticant. Les cerceaux et les rollers font leur entrée et tout de suite, on est dans Holiday on Ice – welcome to Las Vegas. Tout explose, le plan bascule, les dimensions se perdent prenant soin d’aguicher l’oeil au passage. Vient le tour de la contorsionniste, qui enchaîne les ponts avec une domination et une détermination fatale, jusqu’à l’écoeurement. Même le pas de deux, pourtant remarquablement exécuté, ne parvient pas à émouvoir, comme quoi l’enfilage des chairs ne fait pas tout.

Quelle relation y-a-t’il entre le propos, pourtant plein de promesses, et son agencement chorégraphique? Comment s’opère la fusion entre musique, danse, et video? George Lucas aurait-il pu faire Star Wars s’il s’était arrêté aux effets spéciaux, condamnés par essence à une obsolescence quasi-programmée? Qu’en est-il de l’émotion, une fois passé l’effet cotillon? Ce soir étaient présents sur scène parmi les danseurs les plus incroyables de la scène hip-hop française, véritable pépinière de talents. Les prédispositions à l’interprétation sont certaines, les jeux d’ombres et de lumières, le dessin d’une main, l’esquisse d’une complicité sont autant d’indices que ce vivier regorge de potentiel qui ne demande qu’à exploser. Ce soir, le show pour le show a éclipsé ces pépites. Quelque part entre la radicalité de la danse et le spectacle grand public, il y a un juste équilibre à trouver qui donnerait à ces interprètes une chorégraphie et une mise en scène à la hauteur de leur très grand talent. La danse, c’est avant tout l’esprit, le coeur et les tripes, et ceux qui étaient présents ce soir n’en manquent pas. Le reste est accessoire.

Visuel © Laurent Philippe

Pixel, de M. MERZOUKI, ADRIEN M / CLAIRE B, ARMAND AMAR, à la Villette le 30 Novembre et 1er Décembre 2015

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One thought on “PIXEL: MOURAD MERZOUKI JOUE LES BROUILLEURS D’ONDES”

Commentaire(s)

  • Vincent Lebour

    En effect article accessoire sans intérêt pseudo intellectuel et absolument pas juste j’ai vu ce spectacle lundi 30 une poésie qui n’a pas l’air de vous toucher dommage

    décembre 2, 2015 at 20 h 49 min

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