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Génération Identitaire risque enfin la dissolution

Génération Identitaire risque enfin la dissolution

28 janvier 2021 | PAR Manon Bonnenfant

La fin semble proche pour ce groupuscule à l’idéologie et aux actions bien souvent décriées au fil depuis sa création en 2012. Comment ont-ils pu exister durant une quasi décennie ? 

Des bruits couraient depuis plusieurs mois, mais c’est mardi que le gouvernement a explicité son souhait de dissoudre Génération Identitaire, via la prise de parole du Ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Auparavant cette idée était à l’étude, mais la dernière action du groupuscule (blocage de la frontière aux Pyrénées) a précipité sa chute. Créée en 2012, Génération Identitaire est un mouvement politique identitaire d’extrême droite. Ses idéologies – depuis ses tout débuts – on ne peut plus claires : nationalisme blanc, néo fascisme et islamophobie. Fiers de leurs « origines » et de leur patrie, ses membres n’ont jamais hésité dans leurs actions utilisées, dont le principal but était de frapper fort et choquer l’opinion public ainsi que les médias. Parmi ses (trop) nombreuses l’on aura retenu l’occupation des locaux de SOS Méditerranée, le blocage de la frontière franco-italienne aux migrants, tout deux durant 2018, ou encore l’affaire du bar « La Citadelle », ouvertement présenté comme un établissement interdit aux personnes de confession musulmane ou d’origine arabe. De la plupart de ces actions ont découlé des violences. 

Mais comment Génération Identitaire a pu œuvrer pendant si longtemps ?

La réponse – s’il devait y en avoir une – tiendrait en trois mots : liberté d’expression. Un « argument » très souvent brandi, repris par les membres du mouvement, ainsi que leurs sympathisants politiques. Jusqu’où peut aller cette « liberté d’expression » ? Apparemment très loin. Malgré leurs revendications et actions nauséabondes, le mouvement n’a jamais été inquiété au point d’être dissout. Se reposant sur ses fondations de se battre pour leur patrie, le mouvement était aussi et surtout passé maître dans l’art d’inciter à la haine interraciale. Une incitation à la haine qui est aujourd’hui – au yeux de la loi – un des motifs valides pour faire dissoudre n’importe quel mouvement politique. S’il a fallu attendre une énième action polémique pour que le gouvernement se décide à enclencher la seconde, le sort de Génération Identitaire n’est toutefois pas définitivement scellé : ce même argument de la liberté d’expression continue de revenir en boucle, des comparaisons sont même faites avec le journal Charlie Hebdo

La distinction entre « liberté d’expression » et « incitation à la haine » peut sembler évidente aux yeux de beaucoup, mais pour certains elle ne l’est pas. Quand s’arrête l’une ? Quand commence l’autre ? Quel réel sens a le mot « liberté » dans la France actuelle ? Jusqu’où est-ce malléable ? Tant de questions qui alimentent tous les débats. Cela dit, une chose reste claire : il semble impératif d’établir des limites claires à ce qui sort de la bouche de personnes aussi influentes (et dangereuses) que le sont les membres de Génération Identitaire. 

Visuel : © L. Larralde

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