Actu
Fermeture des boîtes : comment s’adaptent les professionnels de la nuit ? Enquête

Fermeture des boîtes : comment s’adaptent les professionnels de la nuit ? Enquête

14 décembre 2021 | PAR Elise Murat

Jeudi soir sonnait tristement la dernière virée en boîtes de nuit pour tous les fêtards de France. En effet, depuis vendredi 10 décembre, les discothèques ont l’interdiction d’ouvrir jusqu’au 6 janvier, variant oblige. Quel avenir pour les boîtes au delà des discours officiels? Alexander Rash, professionnel du milieu nous en dit plus.

Malgré des spéculations sur un nouveau confinement, la dernière allocution du Premier ministre Jean Castex se solda exclusivement par l’interdiction des “activités de danse”, ce qui signifie l’interdiction de danser dans les bars et restaurants, qui pour le moment restent ouverts, et la fermeture de boîtes de nuits. Comment les professionnels de la nuit se remettent d’une telle décision ? Des stratégies existent t elle pour retomber sur ses pattes ? Pour cette enquête, nous avons pu nous entretenir avec le directeur du Serpent à Plume, un haut lieu de la fête et des cocktails raffinés, niché au coeur de la place des Vosges.

©JeanneEsmerian

Le pari de rester hybride

Bien qu’impacté par la décision du gouvernement, l’établissement opérant sur deux étages et connu pour des happenings en tout genres continuera de vivre dans les limites imposées en gardant un esprit festif. Entre autre, le lieu hébergera des soirées drag queens, le tout dans une ambiance lounge cabaret, en plus d’un restaurant gastronomique et d’un bar à cocktails qui resteront ouverts . “L’objectif est de respecter la situation et de recevoir le public dans les meilleurs conditions” déclare Alexander Rash, qui souhaite “maintenir une ambiance restauration avec des animations par ci par la”. “ C’est un bon compromis” conclu-t-il. Bien que son établissement puisse rester partiellement ouvert, le gérant a pour objectif d’optimiser au maximum l’ambiance pour garder un esprit de fête dans les limites du possible. Malgré les capacités d’adaptation de certains, une transition en bar ou restaurant reste bien plus compliquée pour un nombre d’établissements conçus exclusivement pour la fête debout. Verrons nous des boîtes de nuits installer des tables sur le dance floor, avec pour seule possibilité de rester assis et boire en écoutant la musique forte comme ce fut le cas en Angleterre ou aux Pays Bas? Une actualité à suivre. En attendant, Alexander Rash se prépare à “passer au statut de restaurant » craignant une prolongation des restrictions ou un durcissement avec la fermeture des bars après le 6 janvier.

Une décision injustifiée ?

A l’annonce de ces restrictions, les patrons de boîtes sont évidemment très agacés; le secteur ayant été des plus touché : selon le syndicat national des discothèques et boîtes de nuit, les confinements ce sont 300 établissements nocturnes qui n’ont pas pu rouvrir leurs portes l’été dernier après 16 mois de fermeture. Ce chiffre représente un quart des boîtes de nuit. “C est un peu injuste de fermer juste boîtes et discothèque : les bars, restos et transports sont des lieux qui amassent beaucoup de gens”. Rappelons que les boîtes contrôlent tous les pass sanitaires et possèdent souvent une meilleur aérations que les lieux qui restent ouverts. Cependant, le gérant du Serpent à Plume reste diplomate : « Aujourd’hui en France on a eu la chance d’avoir été assez soutenu par le gouvernement, malgré les charges : on ne gagne pas beaucoup c’est sur mais on ne perds pas trop non plus, pendant le confinement on touchait 10000 euros quoiqu’il arrive. Ce chiffre c’est beaucoup pour une fleuriste, mais pas grand chose pour un business comme la brasserie Lipp : c est relatif”. Il rajoute néanmoins que la décision ne tombe pas à pic, tant le mois de décembre est important pour le monde de la nuit : “ Dix entreprises avaient réserver des privatisations ce mois-ci pour les fêtes de fin d’années, 100% furent annulées après les annonces”, ce qui représente un gros manque à gagner pour le lieu.

Et ensuite ? Bien que ne possédant pas de boule de cristal, Alexander Rash reste optimiste mais réaliste: “ Le positif c’est qu’on comprend un peu mieux ce virus – ce variant semble moins fort que le 1er et maintenant on a un vaccin, je pense qu’on pourra mieux gérer cette crise”. De manière pragmatique, il érige le pronostique suivant “ Je ne pense pas qu’on ne va pas aller tout de suite vers un confinement : il y a la présidentielle de Macron qui approche à grands pas, ça ne serait pas la meilleur stratégie politique pour lui de renfermer les gens complètement. Il y aura sûrement d’autres restrictions après janvier, mais moins sévères que l’an passé”.

Malgré des suppositions, l’avenir de ce coup dur pour le monde de la nuit reste imprévisible. Il ne reste qu’à prendre son mal en patience… Et profiter des établissements encore ouverts. 

Visuel : ©ABN

 

« On en a gros » de Gomargu : où se cache-t-il, le sexime ordinaire ?
À la pointe, de Pierric Bailly : l’auteur nous plonge au cœur du musée des Confluences
Elise Murat

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture