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[Enquête] Le traitement du Sida et ses prises en charge

[Enquête] Le traitement du Sida et ses prises en charge

30 novembre 2014 | PAR Marie-Lucie Walch

Si la médecine a trouvé les moyens pour qu’on ne meurt plus du Sida aujourd’hui en France, le remède est un traitement lourd et définitif. En quoi consiste-t-il ? Comment savoir ce qui est pris en charge ou non? Toute la culture vous donnes quelques clés pour mieux comprendre, soutenu par l’avis d’experts en la matière.

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Le traitement aujourd’hui en France

« Pour ce qui concerne les traitements existant aujourd’hui, tout est disponible en France : on dispose d’une gamme thérapeutique extrêmement large » précise le Conseil national du sida joint par téléphone. On ne guérit toujours pas le VIH, mais on le stabilise, et, en France, on en meurt moins qu’avant et surtout beaucoup plus tard. Depuis 1996, le traitement du VIH consiste en une « trithérapie », c’est-à-dire qu’il est constitué de trois médicaments différents. Pris avec assiduité, le traitement permet la restauration du système immunitaire que le virus avait pris soin de détruire et le contrôle de la multiplication du virus. Depuis cette date, on observe une baisse du taux de mortalité de plus de 80 % !  En outreLa Tribune estime ainsi les frais du traitement « entre 1 000 et 1.500 euros par mois rien que pour les médicaments pour une trithérapie dans un pays occidental… Ce à quoi il faut ajouter le coût du suivi chez un médecin et des analyses sanguines régulières. »  Là encore, précisons que les français sont des privilégiés par rapport à d’autres, grâce au dispositif de l’ALD (Affections de Longue Durée) mis en place par la Sécurité Sociale. Le traitement n’est pas seulement médical. En effet, la prise en charge complète d’une personne diagnostiquée séropositive peut s’accompagner d’un soutien psychologique. Les effets secondaires des médicaments, quelquefois très lourds, comme un vieillissement précoce nécessitent un tel procédé, ainsi que l’image encore parfois mal perçue par l’entourage que véhicule une telle maladie.

 

La prise en charge financière

Le déficit immunitaire primitif grave, provoqué par infection du VIH figure parmi la liste des affections de longue durée (ALD*). Cela signifie que les soins de ville (consultation, médicaments) comme les soins hospitaliers seront pris en charge à 100% par les services de la Sécurité Sociale. Une personne sous traitement peut être remboursée à deux conditions. Soit que l’ALD* soit reconnue pour l’assuré, soit que les soins soient en lien avec l’affection. Les médicaments sont remboursables dès lors qu’ils sont inscrits par le ministère de la santé à la liste des produits remboursables, après avis de la commission de la transparence et du comité économique des produits de santé, quelle que soit l’origine du produit.  Qu’en est-il des populations hors système ? Un employé de la Sécu contacté par la rédaction nous répond : « l’assurance maladie, qui est l’une des branches du système de la sécurité sociale, poursuit un objectif d’accès aux soins de la population. Elle s’appuie, pour des populations comme les SDF ou les nouveaux migrants, sur des dispositifs tels que l’aide médicale d’état (personnes étrangères de nationalité étrangère résidant en France depuis au moins 3 mois) et la CMU et CMU-C (Couverture Maladie Universelle)  pour toutes personnes françaises non couvertes, sous conditions de ressources. »

 

Les innovations techniques en 2014

Les effets secondaires du traitement ont eu tendance à diminuer au fil du temps avec l’apparition de nouvelles molécules et de dosages plus faibles. Il existe également aujourd’hui un outil de dépistage assez révolutionnaire, l’autotest, déjà disponible aux États-Unis. Dispositif permettant de vérifier soi-même son statut VIH, sur le modèle d’un test de grossesse, il peut se présenter sous la forme d’un test sanguin ou salivaire. Bien qu’il ne soit pas encore autorisé en France, n’importe qui peut se le procurer sur Internet. La ministre de la santé a souhaité consulter le Conseil national du sida sur la possibilité d’autoriser ce dispositif en France. Il s’y est prononcé favorablement à condition d’un encadrement du dispositif, et que ce dernier vienne compléter et non remplacer l’offre actuelle de dépistage. Les autotests devraient être commercialisés en France dès juillet 2015.

 

L’implication de Conseil national du sida

En tant qu’institution, le Conseil n’a pas pour mission centrale d’être en contact direct avec le grand public, comme le fait Sida info service ou les associations de terrain. Le Conseil national du sida, dont l’objectif est d’éclairer les pouvoirs publics travaille avec le ministère de la santé, évidemment, mais aussi, le ministère de  l’Intérieur sur les questions concernant les personnes prostituées ou les usagers de drogues, ou encore celui de la Justice pour les questions de pénalisation… Les parlementaires le consultent également pour tout ce qui concerne les questions législatives. Une de leurs propositions qui va être intégrée au projet de loi de financement de la sécurité sociale 2015 est justement « la fusion de deux différents dispositifs de dépistage. Ainsi les CDAG (Consultations de dépistage anonyme et gratuit) et CIDDIST (Centre d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles) vont laisser place aux CIDDGI (centres d’information, de dépistage et de diagnostic gratuit des infections). »

Les campagnes de prévention vont être davantage axées sur le dépistage, domaine dans lequel on n’arrête pas le progrès dans cette lutte éternelle contre le virus.

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Marie-Lucie Walch

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