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Décès du percussionniste sénégalais Doudou N’diaye Rose

Décès du percussionniste sénégalais Doudou N’diaye Rose

21 août 2015 | PAR Elodie Schwartz

Percussionniste renommé pour avoir créé de nombreux rythmes, Doudou N’diaye Rose s’est éteint le 19 août dernier. Selon les informations de l’AFP, il aurait succombé des suites d’un malaise à l’hôpital Aristide Le Dantec. Il avait 85 ans… 

Le monde de la musique africaine est en deuil. Surnommé « chef tambour major du Sénégal », Doudou N’diaye Rose, percussionniste, est mort mercredi 19 août dans sa ville natale. Selon les informations de ses proches recueillies par l’AFP, le mathématicien des rythmes aurait été pris d’un malaise dans la journée et n’aurait pas survécu à son arrivée à l’hôpital Aristide Le Dantec, à Dakar. A tout juste 85 ans (il avait soufflé ses bougies le 28 juillet dernier), Doudou N’diaye Rose était considéré comme l’une des figures de proue de la musique africaine et plus particulièrement du traditionnel « sabar », un tambour sur pied recouvert d’une peau de chèvre. Durant sa carrière, il avait eu l’occasion de diriger plus de cent batteurs et percussionnistes jouant sur des rythmes différents.

« Nous avons perdu notre père, notre ami, un grand homme », aurait déclaré à l’AFP un de ses neveux, le chanteur Doudou N’diaye Mbengue, cité par Le MondeDe son côté, le maire de Dakar, Khalifa Sall, aurait fait état de sa « tristesse » après le décès de son « ami et doyen », qui était aussi son conseiller culturel. « Doudou N’diaye Rose est un patrimoine mondial », aurait enfin déclaré le musicien Cheikh Tidiane TallSes. Ses funérailles se sont déroulées quelques temps après l’annonce de son décès. Proches, amis, mais aussi chanteurs, lutteurs et politiciens étaient présents pour rendre hommage à Doudou N’diaye Rose, rapporte le site Dakaractu. « Les funérailles du défunt ont réuni une grande foule […] Des chanteurs (Youssou N’dour, Backa Niang…), lutteurs (Baboye…), politiciens (Me Ousmane N’gom, Bamba Fall…) étaient présents », souligne-t-il.

Né en 1930, Mamadou N’diaye de son vrai nom a grandi au sein d’une famille griots wolof. Son enfance a été bercée par les mélodies africaines et dès l’âge de 7 ans, il s’est consacré au tam-tam et aux percussions. Néanmoins, pour répondre aux exigences de son père qui ne l’encourageait pas dans cette voie, il a poursuivi des études dans une école française et a travaillé comme soudeur pour gagner sa vie. Ce n’est qu’en 1959 que sa rencontre avec Joséphine Baker a marqué le début de sa carrière musicale. Doudou N’diaye Rose a joué devant le président Senghor dans le grand stade de Dakar, a voyagé dans tout le pays pour étudier auprès des plus grands et est devenu professeur de rythmique à l’Institut national des arts de Dakar, ainsi que chef-tambour des ballets nationaux.

Arrivé en France en 1986, le percussionniste a très vite assit sa renommée en se produisant au Festival Nancy Jazz Pulsations et en participant en 1988 à l’enregistrement de la bande-son du film La dernière tentation du Christ, signé Martin Scorsese. Miles Davis, Dizzy Gillepsie, Bernard Lavilliers, les Rolling Stones, Peter Gabriel, Jacques Hagelin… Doudou N’diaye a par la suite collaboré avec les plus grands et a su s’adapter à tous les genres musicaux. Son interprétation de La Marseillaise en 1989 à l’occasion des commémorations du bicentenaire de la Révolution Française avait d’ailleurs marqué les esprits. Aujourd’hui, la disparition de l’artiste, classé « trésor humain vivant » par l’Unesco en 2006, laisse un grand vide.

Visuel : © Wikipédia

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Elodie Schwartz

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