Louise, elle est folle réinvente l’éternel féminin à la Maison de la Poésie

10 mars 2011 Par
Yaël Hirsch
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Après « Duetto 5 – Toute ma vie j’ai été une femme »‘, Frédérique Loliée et Elise Vigier (Théâtre des Lucioles) mettent en scène et jouent un nouveau texte de Leslie Kaplan (L’excès-l’usine, Le psychanalyste, Fever) interrogeant l’identité féminine contemporaine. Un spectacle extrêmement inventif, grouillant de vie autour des mots et soulevant des questions sociales centrales. A voir jusqu’au 27 mars 2011 à la Maison de la Poésie.

« Je veux explorer plus loin ce que signifie pour moi être une femme ici et maintenant, une femme comme je l’ai écrit en ‘proie’ aux mots, au langage aussi bien qu’à la société d’aujourd’hui. Rien n’est donné une fois pour toutes, rien ne peut se réduire à ‘une catégorie, une case, ou un cas. ‘ » Leslie Kaplan.

Frédérique Loliée et Elise Vigier sont deux femmes contemporaines, deux citadines, avec leur lot de préoccupations banales et existentielles, avec leur comptant de mots et avec leurs découvertes. Double l’une de l’autre, elles sont si semblables qu’elles doivent user d’une tierce personne – la fameuse Louise qui est folle – pour pointer vers l’autre, vers ce qu’elles ne veulent pas devenir. Sur scène, elles alternent des scènes d’extérieur et les moments d’intimité en appartement, en passant d’un côté et de l’autre d’un écran / fenêtre qui les laisse voir en ombres chinoises dans leur intérieur ou qui les expose, visage nu, au public quand elles boivent des bières dans la rue. Dans les superbes décors d’Yves Bernard, Frédérique Loliée et Elise Vigier se montrent toujours extrêmement inventives : elles dansent, crient, menacent, passent du côté du public, raccourcissent leurs jupes, et prennent des douches. Et cette énergie réjouissante est toujours juste, décrivant un nouvel état de la femme sans jamais la figer dans l’hystérie.

Le texte de Leslie Kaplan (auteure en résidence à la Maison de la Poésie en 2009, et dramaturge de Rosa la Rouge mis en scène par Marcial Di Fonzo Bo) fonctionne à la manière des tropismes de Nathalie Sarraute : partant d’une réflexion, chaque scène s’emballe dans le sillage des mots qui interrogent partant des cochons, du sexe, ou du vol de mots pour grimper jusqu’aux cieux aux qualificatifs innombrables. En creusant les mots, les comédiennes offrent de fascinantes plages de libertés : des zones où rien n’est « donné une fois pour toutes », et où les identités ne se laissent jamais enfermer dans des boîtes. Un spectacle ensorcelant.

« Louise, elle est folle », de Leslie Kaplan, mise en scène et jeu : Frédérique Loliée et Elise Vigier, décors : Yves Bernard, vidéo : Romain tanguy, son : Teddy Degouys. Durée du spectacle : 1h.

Autour du spectacle :

Le 12 mars à 15h : Rencontrer débat sur « La place de la folie dans la société » avec Marie-José Mondzain, philosophe et écrivain, Patrick Chemla, psychiatre-psychanalyste, Mathieu Bellhassen, psychiatre, fondateur d’Utopsy, Heitor de Macedo, psychanalyste et Leslie Kaplan, écrivain. Entrée libre

Le 19 mars à 18h : Projection du film « Les femmes, la ville, la folie/1. Paris », documentaire de 44 minutes où Elise Vigier pose des questions choisies par Leslie Kaplan à des femmes de tous bords à Paris. Le volume 2 sera sur Naples. 5 euros.

photos : © Béatrice Logeais / Maison de la Poésie

Louise, elle est folle réinvente l’éternel féminin à la Maison de la Poésie

Informations Pratiques


Louise, elle est folle réinvente l’éternel féminin à la Maison de la Poésie

A partir du 2 mars 2011 jusqu'au 27 mars 2011

Lieu: Maison de la Poésie, Grande Salle, 157, ruie Saint-Martin, Paris 3e, m° Rambuteau ou les Halles, 10, 15, 20 euros

Horaire:
mercredi-samedi 20h
dimanche 16h

Contact: 01 44 54 53 00

Liens: Maison de la poésie