Phuphuma Love Minus, un spectacle plein d’énergie au Quai Branly

28 mars 2017 Par
Bénédicte Gattère
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Costume impeccable, en rang serré, tout sourire, l’air concentré, les hommes du chœur de Phuphuma Love Minus se présentent au public. Découvert et promu par la grande chorégraphe sud-africaine, Robyn Orlin, une compatriote, cet ensemble chante en zoulou des histoires racontant leur quotidien, leurs aspirations, leurs désillusions…

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Les choristes de Phuphuma Love Minus chantent l’isicathamiya, un chant a cappella propre à la culture zouloue. Il s’agit d’un chant le plus souvent polyphonique où l’un des membres de l’ensemble vocal lance une phrase musicale à  laquelle va faire écho le chœur, dans un rythme allant crescendo. Ce genre musical particulier est né dans les townships de Johannesburg pour finalement atteindre une grande popularité en Afrique du Sud dans les années 1970 et 1980. C’est avec l’album Graceland du chœur masculin Ladysmith Black Mambazo en 1986 que le genre va s’exporter à l’international. Cette musique qui trouve ses origines mêlées dans les chorales catholiques et les chants traditionnels est propre aux ouvriers migrants sud-africains, contraints à l’exode rural.

Le groupe est directement issu de cette culture des ouvriers agricoles de leur pays d’origine puisqu’il s’est d’abord produit lors des fêtes de village, mariages et fêtes des moissons et viennent eux-mêmes d’un même village, Ngabayela-Umsinga, dans la région du KwaZulu-Natal. Ce n’est qu’en 2003 qu’il se sont installés dans la capitale culturelle et la plus grande ville d’Afrique du Sud, Johannesburg. Ils y ont rencontré Simon Ngubane, directeur d’une association musicale d’isicathamiya. Vient ensuite l’enregistrement de deux albums et enfin, une rencontre décisive avec Robyn Orlin qui leur propose de participer à son spectacle Walking next to our shoes… en 2009.

Le musée du quai Branly leur offre cette fois-ci une occasion de se produire seuls sur scène afin de faire connaître leur musique en France, face à un public de non-initiés. Un petit bémol cependant : le côté excessivement répétitif des chants et la volonté un peu forcée de divertir à tout prix le public donne à l’ensemble un air de minstrel show américain du XIXe siècle un peu daté. Les chansons n’étant pas surtitrées, il est en outre difficile pour les spectateurs de saisir le sens de ce qui est dit sur scène, malgré la feuille de salle, trop succincte. On reste donc un peu à côté des histoires racontées et c’est dommage.

Représentations du jeudi 30 mars au samedi 1er avril 2017, à 20h et le dimanche 2 avril 2017, à 17h, toutes les informations ici.

Visuel : musée du Quai Branly-Jacques Chirac


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