[Live report] Lofofora, Trivium et Rammstein au Download Festival

16 juin 2016 Par Simon Théodore | 0 commentaires

Le 12 juin marquait la fin de la première édition française du Download Festival. Malgré une météo menaçante, les festivaliers se sont réunis en nombre pour cette ultime journée. C’est donc équipés de parapluies, de cirés et de bottes que les amateurs de rock et de métal ont envahit l’Hippodrome de Longchamp. Retour en textes et en images sur la journée du dimanche…

Une après-midi sous le signe du métal

Il est 15h, les musiciens de Lofofora s’installent sur la stage 2. Tout à coup, le charismatique chanteur apparaît en courant sur la scène et se tient prêt à bondir dans tous les sens. Les riffs d’ouverture de « L’œuf » marquent le début du headbangue dans le pit. « Une seule race pour plusieurs couleurs ! », les paroles de ce titre vieux de vingt ans sont connues de tous et scandés par un public en délire. Comme pour leurs acolytes Mass Hysteria, les amateurs de la scène française sont venus nombreux pour soutenir les artistes nationaux. Le quatuor enchaîne des morceaux issus de leurs six albums et réveille le public en ce début de journée nuageux. Il s’agit alors de pogoter, de remuer les corps et de chanter ensemble les textes poétiques et militants de Reuno. D’ailleurs, le frontman rappellera son dégoût de jouer avec en ligne de mire les tours de La Défense. En milieu de set, « Utopiste » marquera la formation d’un joli wall of death. À l’évidence, la fosse est douée en danse métallique traditionnelle. Après une heure de set engagé, le très punk et accrocheur « Double A » marque la fin d’une prestation chaleureuse. Après vingt années d’existence, Lofofora confirme son statut de fer de lance de la scène rock métal hexagonale !

Sans aucun doute, cette journée du dimanche connaît une belle affluence. À 16h, au moment de rejoindre la scène de Trivium, il est déjà difficile de circuler aux abords de la main stage. En sept albums, cette formation originaire de Floride est devenue l’une des principales de la scène thrash metal. « Strife » ouvre le bal. Entre mélodies accrocheuses et riffs acérés, leur set est l’un des meilleurs de ce festival. Les circle pit sont nombreux et un bateau gonflable s’envole à présent dans les airs. Au moment de s’échanger les soli, les deux guitaristes étalent leur technique et font le show. « Paris tu kiffes ? » argue le chanteur. À voir ses nombreuses mimiques, c’est visiblement son cas ! En choisissant d’interpréter des titres issus d’anciens albums (« Rain », « Pull Harder on the Strings of Your Martyr »), le concert est marqué par une puissance certaine. Si, à l’évidence, les guitaristes sont doués, le batteur n’est pas en reste. Ce dernier effectuera un solo avant de lancer l’ultime et destructeur « In Waves ».

Retour sur la stage 2 pour le set des Finlandais Chidren of Bodom. L’association des guitares et du clavier donne une dimension épique à leur death mélodique. Épique sera aussi la performance de Sabaton durant laquelle le ciel tombe sur la tête des festivaliers. Sans aucun doute, ni l’eau, ni la boue ne refroidiront le public. Ainsi, les kids n’hésiteront pas à sauter et à se remuer durant la prestation de reggae métal offerte par Skindred sur la stage 3. Introduit par le « Thunderstruck » d’AC/DC, les Anglais défendent avec énergie et humour leur dernier album Volume. Alors qu’un arc en ciel s’est invité dans les airs, les Danois Volbeat présenteront quant à eux Seal the Deal and Let’s Boogie. Après Anthrax le vendredi, Megadeth est la seconde formation du Big Four programmée lors de ce festival. Emmené par le légendaire Dave Mustaine, le groupe délivre une heure de thrash metal aux mélodies accrocheuses. « A Tout le Monde », dont le refrain est interprété dans la langue de Molière, sera évidemment le grand moment du concert.

Le concert inoubliable de Rammstein !

Tout au long de la journée, la pression est montée. Ni la pluie, ni la boue n’a refroidi les corps et les cœurs. Sans aucun doute, Rammstein était le groupe le plus attendu du festival. Aucune excuse n’était donc permise pour rater leur prestation et être bien positionné pour profiter du spectacle. Il est 22h, la nuit est tombée sur l’hippodrome. Il est à présent impossible de s’approcher de la main stage. Une immense toile masque l’installation de la grande scène et un compte à rebours se met en marche. Les dix dernières secondes sont scandées par une foule impatiente quand, tout à coup, le décompte arrive à terme…

Un feu d’artifice s’élance dans le ciel. La toile s’efface et les guitaristes apparaissent du haut de la scène. Aussitôt, c’est l’impression que la performance sera magistrale qui gagne. Les décors sont somptueux et les regards ébahis scrutent les nombreux détails. À l’instar de « Reise Reise », la grandiloquence du spectacle est renforcée par la puissance de certains refrains. La lourdeur des riffs et la profondeur du son de batterie permettent à la musique de Rammstein de s’évader au loin et d’imprégner les corps. Il ne s’agit plus alors de s’agiter mais bien de profiter religieusement du concert.

La formation allemande joue avec les contrastes et, afin de réveiller la foule, propose des titres plus rythmés. L’hystérie gagne lors du classique « Feuer Frei ! ». La scène explose de tous les côtés. Du feu s’extirpent de lance-flammes installés sur les instruments. Le public ne fait plus qu’un et les textes sont chantés à l’unisson. Si la mise en scène est spectaculaire, les musiciens sont aussi dotés d’un charisme incroyable. Les corps grimés de noir, leurs déplacements sont réglés à la perfection. De manière déjantée, le claviériste agit comme un véritable maitre de cérémonie, se fait trainer comme un chien par son chanteur et réalise les cent pas sur son fameux tapis roulant. Agrémentés d’effets pyrotechniques,  « Mein Herz Brent », « Ich Will » ou encore « Du Hast » sont autant de classiques permettant au set de se dérouler à une vitesse folle. La reprise de Depeche Mode (« Stripped ») rappellera l’influence de la musique industrielle dans l’œuvre de Rammstein.

Durant le set, l’émotion atteint son paroxysme lors de « Frühling in Paris ». Quel meilleur endroit que le Download Festival pour interpréter ce titre pour la première fois depuis 2012 ? Sans aucun doute, cette ballade apparaît comme un temps d’accalmie grandiose. Les sifflements des guitaristes annonçant « Engel » sonnent la fin du concert. Pour finir en apothéose, grâce à ses ailes déployées, Till Lindemann s’envolera dans les airs. Celles-ci s’enflammeront et lanceront, à leur tour, des feux d’artifices. Après l’ultime « Sonne », ce sera bouche bée que certains festivaliers resteront prostrés face à la prestation à laquelle ils viennent d’assister…

En somme, la clôture de ce festival restera dans l’histoire et il sera bien difficile de faire mieux pour les prochaines éditions. Sans aucun doute, grâce à une programmation éclectique, le Download Festival apparaît comme une bonne alternative au Hellfest pour les amateurs de rock et de métal ! Rendez-vous donc l’an prochain pour une seconde édition qui, on l’espère, sera aussi riche et variée.

Visuels : (c) MSK


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