[Live report] Hozier au Folies Bergère

25 janvier 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

D’une maîtrise et d’une sensibilité hors normes, le chanteur irlandais Hozier a fait se dresser la salle, embarquée dans un concert plus rock qu’attendu.

Les Folies Bergère accueillait pour deux soirs Hozier, révélé en 2014 en emmenant le monde entier à l’église, pour en dénoncer l’homophobie (« Take me to church »). On joue évidemment à guichets fermés. La salle est très féminine et jeune. Très anglophone aussi.

Un homme au visage d’enfant arrive sur scène, accorde brièvement sa guitare et commence ses arpèges. Les spots bleus droits dirigés sur lui, il joue au ras du corps de la guitare. De la musique, bleue. Sa voix est fine et profonde. C’est la litanie d’un esseulé, isolé sur scène et abandonné dans ses textes. Il est très authentique, dans ce rôle d’éploré bondissant. Les titres des chansons sont parfois « bateau » mais on le suit pourtant sans se poser de questions. On l’oublie parfois un peu, se demandant si l’on a peut-être affaire à un Buckley sans le frisson. Mais certains moments, très beaux et très appréciés, font mentir cette sensation. On est marqué par une telle fierté à jouer sur cette scène et une telle soif de public, qu’il rencontrera ensuite à l’entracte, aussi excité que ses fans, dans le hall de la salle. Il s’appelle Rhodes.

Quelques minutes plus tard, le public est de retour sur les vieux sièges des Folies Bergère, dans une configuration dont on n’a plus l’habitude en concert. La lumière s’éteint brutalement. Les jeunes filles tapent des pieds. Hozier apparaît et donne un « bonsoir » à l’accent français surprenant.

Ils sont nombreux sur scène : deux claviers, deux choristes, un batteur, une violoncelliste, un bassiste. Jean slim et jambes cotons tiges, queue de cheval et veste en Jean sur chemise noire col Mao, Hozier se tient seul, courageux, au centre du décor où son nom est inscrit en immense.

Le concert débute sur un lent tempo. On se dit que l’on va passer 1h30 à écouter des chansons douces, qu’il gagnerait à être plus rock. Et soudain, tout démarre. Le clavier devient basse, la basse devient seconde guitare, le rythme prend, les mains tapent. C’est très animé, les riffs sont puissants. Comme dans l’album, certaines chansons se ressemblent mais le live parvient à donner une énergie différente à chaque titre.

On prend les spots tournants dans les yeux, le plafond s’habille de pastilles lumineuses. Tout le long, le jeu de lumières sera surprenant. L’intégralité l’album éponyme y passe. Hozier change de guitare à chaque chanson, jouant même d’un banjo électrique à l’allure carrée très étonnante. On est frappé par sa virtuosité et sa simplicité, guitare à la main.

Les fans se lèvent et dansent. Sa très belle voix transporte les jeunes filles qui se balancent, assumant en cœur leurs rêveries sentimentales à l’écoute de la bande originale, des hymnes des chambres adolescentes en pleines premières romances.

Entre quelques apartés pour les irlandais de la salle, sous forme de private jokes géographiques et quelques démonstrations d’un humour sarcastique délicieux, le groupe entame une reprise intéressante de « BlackBird » de Paul Maccartney. La polyphonie comme l’appropriation sont très réussies.

Pour finir, son titre phare évidemment, « Take me to church », saisissant de force et de précision. Pas de rappel ? Pas besoin, pense-t-on. Et pourtant, la salle ne l’entend pas de cette oreille. Il revient, compléter cette soirée exceptionnelle et peine à couvrir de sa voix sonorisée les hurlements de la salle. Deux ballades et c’en est malheureusement fini. Une seule consolation certaine : il reviendra.

Visuel : (c) DR


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