[Live report] Ala.ni et Yaël Naim en direct du studio 104 de France Inter

11 janvier 2016 Par Yaël | 0 commentaires

Alors que la londonienne Ala.ni fait sensation en sortant sont premier disque rétro à la voix de velours (You & I, No Format, sortie le 10 janvier 2016) et que Yaël Naim vient de sortir une série de reprises des magnifiques chansons de son album Older avec Brad Meldhau, Flo Morrissey, le quatuor Debussy ou Thylacine, les deux chanteuses étaient sur la scène du studio 104 pour un concert exceptionnel de deux heures, présenté par Rebecca Manzoni. Un pur moment de grâce.

Note de la rédaction :

Liane londonienne toute de noir vêtue et perchée sur des hauts talons en fourreau devant un microphone rétro, la douce Ala.ni (qu’on avait déjà entendue lors de la sortie de son EP au Comptoire général, lire notre article) s’est produite avec une joie non dissimulée devant le public du studio 104 et les auditeurs de France Inter, accompagnée par 8 musiciens dans une formation presque « classique ». Elle a fait avec nous le tour des 12 mois d’une « love-affair » sweet and sour qui constitue la trame de son premier album. Commençant par son tube, le rêveur « Cherry Blossom », elle a immédiatement donné un aperçu de la puissance hypnotisante de sa voix en commençant carrément à capella.

Pour le titre deux, les cordes ont claqué leurs doigts et le printemps s’est déroulé avec comme une lente éclosion d’un amour rétro à la Todd Haynes. Balançant fort avec ses bras élastiques et son corps de danseuse, la chanteuse a interprété « Suddendly » avant que la lumière ne se tamise pour qu’on passe à l’hiver : l’amoureux était marié et le personnage du disque met du temps à réussir à se détacher d’un si grand amour pour le laisser reprendre sa vie. Ala.ni a pris les baguettes d’un grand tambour pour « battre l’amour hors d’elle-même », avant de poursuivre la série mélancolique de chansons parlant de désir de mort, parfois de manière sautillante. Les histoires d’amour finissent mal en général, chez Ala.ni cela a fini sans chaussures par une jolie performance vocale au sein du public pour faire résonner toute l’acoustique du studio 104.

Violemment applaudie pour cette jolie heure de performance, celle qui sera en concert au Carreau du temple le 16 février prochain s’est ensuite prêtée au jeu des questions pendant que la scène était dressée pour la deuxième heure de concert en compagnie de Yaël Naim, David Donatien, leurs musiciens et leurs friends. Si Older (Tôt ou tard) – sorti l’an dernier- est l’album de la maturité et déjà une perle de beauté blues et folk, depuis le cirque d’hiver de l’an dernier (lire notre article), Yaël Naim a encore pris de la bouteille, du charisme et de la voix (qu’elle a incroyablement puissante). Détachant plus souvent qu’a son tour ses cheveux foisonnants, impliquée par chaque cellule de son corps dans la reprise de ses chansons, elle nous a régulièrement donné la chair de poule tellement c’était beau.

Alors que Yaël Naim et David Donatien ont commencé seuls sur scène, bientôt rejoints par leurs musiciens, la puissance d’interprétation de titres magnifiques comme « Dream in my head », « Coward » ou « Trapped », menées presque en solo depuis son clavier par la chanteuse, était simplement bouleversante. Quant aux « amis » ils étaient juste magnifiques, à commencer par la reprise péchue de « I walk until » avec une Camille au top de sa forme, un duo seules en scène et tout en voix (juste accompagnées par la guitare de Yaël Naim) avec Keren Ann pour « Harmony », et les fameuses reprises de la chanteuse : « Toxic » qui déménageait encore plus que d’habitude avec Spleen et « You are not alone » pour une dernière chanson touchante et « à voix » avec Ala.ni. En bis, Yaël Naim est apparue seule en scène avec sa guitare pour une interprétation sobre du titre éponyme de son album « Older ».

Le public est sorti de ces deux heures de magie musicales et de grandes voix de femmes un peu grisé par la densité de l’émotion. Un magnifique concert qui gagnait aussi à être vu en live et vécu, même si on se réjouit que la France entière ait pu en profiter (et peut le réécouter en podcast) sur France Inter.

Visuels : YH


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