La Femme entretient le « Mystère »

30 août 2016 Par Antoine Roynier | 0 commentaires

Vendredi, La Femme sort son nouvel album, Mystère. A Toute la Culture, on a pu l’écouter avant son lancement officiel. Cet opus est dans la lignée de leur précédent disque où les productions sont réussis mais où l’aspect textuel est parfois laissé à l’abandon.

Trois ans après la sortie de leur dernier album, Psycho Tropical Berlin, La Femme sort un nouvel album, Mystère, le 2 septembre. Le groupe avait déjà offert deux extraits, Sphynx et Où va le monde, chacun accompagnés d’un clip. On avait été charmé par le visuel de ces deux vidéos, tout comme on a été charmé par la pochette du disque. Sur la face avant du disque, on y voit une femme à la chevelure rousse ayant des traits à la croisé entre un manga et les héroïnes d’insterstela 5555. Lorsqu’on retourne la pochette, on aperçoit de dos la chevelure de cette même femme. La forme de sa coupe de cheveux nous a rappelé L’origine du monde de Gustave Courbet. Une coïncidence? Pas vraiment, puisque « le visuel du premier disque était une parodie [de ce tableau] » selon les dires du groupe dans une interview à Tsugi. Cette tendance à manier leur visuel avec talent montre que le groupe à tendance à privilégier la forme.

C’est également le cas dans leur musique. Les productions sont d’une rare qualité. On accordera d’ailleurs une mention spécial à Sphynx, Psyzook et Vagues, morceau fleuve de 17 minutes, où l’on ressent les influences New Wave du groupe. Sur ces trois chansons, on discerne une véritable volonté de rechercher des sonorités originales, notamment sur les synthétiseurs et les guitares, et de trouver l’équilibre parfait entre les voix, les mélodies et les batteries. Cette intention est magnifiée par l’excellence des mixes de l’album fait à Los Angeles et donne de la cohérence de l’album. Le seul problème quand on privilégie la forme, c’est qu’on a tendance à délaisser le fond.

On le constate dans les textes du groupe. Dans la lignée des nouveaux artistes à succès comme Christine & and the Queens, on ne comprend pas toujours le message que La Femme veut faire passer. Les mots sont emplis de poésie mais mis bout à bout ils n’ont pas vraiment de sens. Les membres du groupe se perdent dans une sorte de prose, ayant pour but d’intellectualiser leur musique, mais les lyrics deviennent vite une sorte de logorrhée inintelligible pour l’auditeur.

Il s’agit néanmoins d’un album cohérent et travaillé qui plaira aux amateurs de Surf Music. Mystère semble être aussi une oeuvre taillé pour la scène. A l’image de leur prestation lors du festival Rock en Seine dimanche dernier, où les artistes originaires de Biarritz ont mis le feu.

Visuel: © DR


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