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[Live-Report] Les Funérailles de Louis XIV par Pygmalion à Versailles : royales!
Les 3 et 4 novembre, Versailles célèbrent les “Funérailles Royales de Louis XIV” dans le cadre du tricentenaire de sa mort. A la baguette pour ces funèbres soirées étrangement festives – après tout, “le roi est mort, vive le roi! – Raphaël Pichon.
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Saluons d’emblée le travail effectué autour de l’éclairage et de l’occupation de l’espace. Encore une fois, Pygmalion fut synonyme d’excellence.
La soirée débute dans le noir complet : des bruits de cloche résonnent, crescendo puis decrescendo, et nous voilà véritablement transporté aux funérailles du roi. Une légère lumière apparaît dans le fond, derrière la scène d’où sortent les voix masculines entamant le premier air. Nous ne voyons rien, ce qui permet de s’envelopper et de glisser dans le chant magnifique que nous entendons. S’élèvent ensuite d’autres voix sur les côtés de la chapelle, en plus petit nombre, se répondant d’un côté à l’autre, toujours dans un jeu de lumière apaisant et envoûtant. Ainsi passent Subvenite sancti Dei, Libera me Domine et le De profundis en faux-bourdon de Jean Colin. Outre la parfaite cohésion des chœurs et l’atmosphère indescriptible permettant une dimension spirituelle rarement égalée, la prononciation du latin est elle aussi scrupuleusement étudiée et fidèle à l’époque de la mort du roi en étant « francisée » : les « u » sont prononcés comme dans la langue moderne et non « ou », de même que les « j ».
Une fois cette première partie dédiée « à la Chapelle Ardente et au pied de Grand Degré » terminée, la lumière disparaît à nouveau, nous plongeant encore dans le noir. Un tambour résonne alors, les portes de la chapelle s’entrouvrent, laissant place à un trait de lumière de plus en plus important ainsi qu’à une puis plusieurs ombres pour cette Marche des Pompes funèbres de Philidor. L’avancée des chœurs sur les côtés et des 4 musiciens solistes dans la rangée centrale nous font à nouveau pleinement revivre ce moment funèbre et solennel. Le tambour est par ailleurs drapé de noir. Encore un détail scrupuleusement respecté.
Après cette lente avancée, solistes et chœurs prennent place sur la scène où les attendent les autres musiciens. La lumière se rallume alors petit à petit, la porte de la chapelle se referme, l’éclairage donne une impression de bougies ; tout est prêt pour passer aux « Obsèques solennelles » composées du De Profundis de Lalande, du Subvenite sancti dei, Qui Lazarum, du Ne recorderis/Dirige Domine de Chein, du Pie Jesu d’Helfer et d’In paradisum. Les chants s’enchaînent ainsi avec une impression de continuité superbe. Les solistes prennent ici une place plus importante et nous pouvons alors entendre Christian Immler et Lucile Richardot (tous deux déjà présents lors du concert à Royaumont), mais aussi Marc Mauillon (baryton), Samuel Boden (ténor) et Céline Scheen. Après un début de soirée si superbe et un tel niveau d’excellence, la voix des solistes peinent à se faire entendre dans une acoustique qui ne les aidait peut-être pas. La projection est cependant meilleure après un premier passage. Notons malgré tout une voix un peu enfermée dans le palais pour la soprano Céline Scheen.
Toutefois, Lucile Richardot, dont la voix profonde, claire, nette et précise se fait un chemin au milieu des instruments pour notre plus grand plaisir, se démarque de ses collègues. Autre plaisir, celui de la possession de l’espace par l’Ensemble qui, loin de rester statique sur la scène, continue de jouer avec l’architecture de la Chapelle Royale : certains chanteurs chantent donc de l’étage et l’on entend, sortie de nulle part, la voix d’une femme occupant le lieu, à la fois légère et pénétrante. Si ce n’est pas le paradis, on s’en approche…
Les funérailles se poursuivent avec deux pièces de Lalande, Grande Pièce Royale pour un « Dernier adieu et hommage » puis Dies Irae pour le « Bout de l’an », conservant le même niveau d’exigence que le début de soirée. Ajoutez à ceci la pluie qui s’ajoute à la thématique de la soirée, et vous obtenez des funérailles tout simplement royales jusque dans les moindres détails de la première à la dernière seconde. Rarement un concert fut si bouleversant, profond et céleste à la fois. Ce soir, « le roi est mort, vive Pygmalion ».
A ne pas manquer lors de sa retransmission sur Mezzo en 2016 et à prévoir dans ses classiques lors de la sortie du DVD chez Harmonia Mundi.
©Affiche du concert, Bertrand Couderc (via Facebook), Facebook de Pygmalion pour la dernière photo et plan de la Chapelle royale sur Google
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HERBERT
Comment obtenir ce DVD
Elodie Martinez
Bonjour,
Je ne suis pas certaine qu’il existe un DVD à l’heure actuelle, mais n’hésitez pas à contacter Pygmalion ou bien Versailles pour poser la question. Peut-être est-il encore en projet.
La chaîne Mezzo pourra peut-être également vous aider.
Merci pour votre lecture et bonne soirée :)