Ils vivent la nuit de Dennis Lehane : ticket gagnant pour Hollywood

15 avril 2013 Par
Alice Dubois
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Dennis Lehane est l’auteur des romans Mystic River, Gone Baby Gone et Shutter Island, tous trois portés à l’écran et qui ont connu un vif succès populaire. Avec son dernier roman, Ils vivent la nuit, il s’offre incontestablement un nouveau contrat en or avec Hollywood. Même si l’histoire, celle de l’ascension d’un homme au sein de la Pègre pendant la Prohibition aux Etats-Unis, reprend un thème déjà très souvent exploité, Dennis Lehane confirme son talent de romancier en nous plongeant dans l’atmosphère du Boston des années 20, sur les traces d’un gangster plutôt atypique.

Ilsviventlanuit

C’est à Boston en 1926 qu’on découvre le jeune Joe Coughlin, petite frappe qui vivote de larcins plus ou moins éloquents. Le problème, c’est que dans la famille, on est flic de père en fils…Refusant les règles établies, Joe va choisir la voix opposée et s’élever contre la fatalité : il sera gangster. Naïf plus que courageux, immature plus que romantique, Joe va réussir à passer entre les mailles du filet avec une chance insolente, même lors de ces années passées en prison au milieu des pires malfrats de la ville. A sa sortie, il est embauché par le vieux Maso Pescatore et devient l’un de ses hommes de mains. De la Floride à Cuba, Joe va connaître l’argent facile et le pouvoir que procure la violence.  La Prohibition qui bat son plein lui offre un terrain de jeu béni. Motivé avant tout par son dégout d’une vie banale, comme tous les gangsters dignes de ce nom, Joe Coughlin va s’enivrer, sans jamais oublier ce qui fût à l’origine du basculement: les yeux de la belle Emma Gould.

« La nuit. On ne s’en lasse pas. Si tu vis le jour, tu suis les règles de la société. Nous on vit la nuit et on suit les nôtres. »

Pour ceux qui ont déjà vu Les Affranchis, Il était une fois en Amérique ou évidemment Le Parrain, Ils vivent la nuit ne réserve pas de surprise. Mais Dennis Lehane dessine des personnages qui sortent légèrement de l’ordinaire, offrant au jeune Joe une personnalité ambiguë et complexe.

Roman noir, Ils vivent la nuit est aussi le portrait d’une Amérique en pleine mutation. Avec une écriture très cinématographique et un rythme haletant, Dennis Lehane construit une fresque historique incisive. On raconte à Hollywood que Ben Affleck s’est précipité pour acheter les droits, devinant sans mal l’énorme succès à venir. On regrette un peu ce formatage « prêt à tourner »… Peut-être qu’un scénario aurait suffit…?

Ils vivent la nuit, de Dennis Lehane, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet, Editions Rivages, 532 p., Prix : 23,50 €.