Filles de Frederick Busch, au cœur d’un drame psychologique…

16 mars 2013 Par Le Barbu | 0 commentaires

« Filles » de Frederic Busch, édité sous le titre « Girls » en 1997, nous revient en ce début d’année 2013 dans la collection de poche Folio Policier.

Frederick Busch est un écrivain américain né le 1er août 1941 à Brooklyn. Diplômé du Muhlenberg College il obtient sa maitrise à l’Université Columbia. Il est professeur de littérature à l’Université de Colgate, à Hamilton, New York de 1966 à 2003. Il remporte de nombreux prix, y compris l’American Academy of Arts and Letters Fiction Award en 1986 et le PEN / Malamud Award en 1991. Il décéde le 23 février 2006 à Manhattan.

« Filles » met en scène Jack, ancien policier militaire devenu chef de la sécurité d’une petite université privée du nord de l’État de New-York, qui accepte, parce que cet événement fait écho à un drame personnel, d’enquêter sur la disparition de Janice Tanner. Alors que l’hiver devient de plus en plus rude et que d’autres filles disparaissent, Jack s’enfonce dans la déprime, la culpabilité et les vaines tentatives pour effacer de sa mémoire la mort de sa fille.

Dans ce roman la souffrance et la culpabilité habitent toutes les pages. Les personnages se posent sans cesse les mêmes questions : qu’aurai-je pu faire ? Que n’ai-je pas fait ? Qu’ai-je fait de mal ? Comment allons nous pouvoir continuer à vivre ? Cette dernière question est La problématique de ce livre glacial où la neige n’a de cesse de tout recouvrir. Comment continuer à vivre une vie de couple sereinement quand on vient de perdre son bébé. Fanny et Jack se déchirent continuellement, se rejetant les fautes, les erreurs, la culpabilité. En parler ? Ne plus en parler ? Oublier ? Mais il est impossible d’oublier. La chambre du bébé et son papier peint Bambi continue de les torturer. Faut-il réhabiliter cette pièce, en faire un bureau, une nouvelle pièce à vivre qui pue la mort… Tout détruire.

Et Jack est très bon pour ça, détruire. Détruire sa femme, sa maison, les autres, et surtout lui même.

Dans ce type de roman on connait souvent la fin, mais on espère toujours au fond de nous, au fil des pages, que cette fois-ci ce sera différent. Au delà de la fiction, le réel de leurs vies, de toutes ces vies, vous cramponne aux pages où l’amour et la haine se côtoient, se tutoient, tellement proches.

On a envie de comprendre, comme Jack cherche à comprendre pourquoi Janice Tanner a disparu : fugue d’adolescente en colère, enlèvement, viol, meurtre… Qui ? Et Pourquoi ?

Plus qu’un polar on plonge au cœur d’un drame psychologique. Comme les personnages on oscille entre crises de larmes, violentes colères destructrices, abandon, déprime, dépression, incompréhension. Comme la neige nous colle aux bottes on a du mal à se débarrasser de nos pensées parasites qui nous empêchent de continuer à vivre une vie sereine.

En écrivant ce livre, Frederick Bush espérait œuvrer pour ces nombreuses familles qui recherchent ou ont perdu leurs enfants. Ce livre passionnant, qui vous tient en haleine, est presque un documentaire psychologique tellement les mots en disent long. Le style est efficace, direct, sans détour. Un livre à lire absolument.

Frederick Busch, Filles (Girls, 1997), Gallimard, 2000. Rééd. Folio Policiers, 2013. Traduit par Nadia Akrouf.


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