« Monsieur Origami » de Jean-Marc Ceci, du zen de papier

26 août 2016 Par Jérôme Avenas | 0 commentaires

Dans le premier roman de Jean-Marc Ceci, publié chez Gallimard, un vénérable artisan japonais qui fabrique du washi (papier) rencontre un jeune horloger italien qui s’est donné comme projet de concevoir «la montre la plus compliquée du monde ». Pitch séduisant, mais une écriture artificiellement épurée vient gâcher le plaisir.

Note de la rédaction :

Maître Kurogiku, artisan japonais, fabrique un papier japonais, le washi, à partir du kozo (mûrier) avant d’en faire des origamis. « En 2014 », nous apprend-on, « l’Unesco a reconnu le savoir-faire du washi comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité ». Expatrié en Italie (la Toscane), sur les traces d’une femme entr’aperçue en terre nipponne, Maître Kurogiku devient Monsieur Origami pour les autres, ceux qui vivent aux alentours de la ruine qu’il compte occuper jusqu’au retour de son propriétaire. Il fait la rencontre de Casparo, jeune horloger à qui il transmet, non pas son savoir-faire, mais un certain savoir-être face au travail artisanal. L’idée est intéressante, son aboutissement déçoit.

À force de concision artificielle, le texte de Jean-Marc Ceci se vide de tout ce qui aurait pu en faire un bon roman. Il y a, c’est indubitable, des personnages attachants, une « histoire » qui touche, mais le tout est en permanence rattaché à une conception peut-être biaisée du monde nippon. Tout veut paraître « zen » à tout prix : les attitudes, les dialogues, le décor, l’intrigue, la forme (phrases courtes, aphorismes) et tout est finalement désincarné. On voudrait de la substance, un peu de gras, cette épaisseur qu’on trouve dans l’art du haïku. Si l’on est heureux d’en lire un exemple de Kobayashi Issa au fronton du livre, on est peiné de n’en trouver, finalement, qu’une tentative d’illustration romanesque un peu vaine.

Jean-Marc Ceci, Monsieur Origami, Éditions Gallimard, août 2016, 160 pages, 15€


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