Un dimanche de clôture intime au Festival « Oh les beaux jours ! » à Marseille

28 mai 2018 Par
Yaël Hirsch
| 0 commentaires

Pour le dernier jour du festival marseillais Oh les beaux jours, il n’y avait pas moins de treize rencontres prévues ce dimanche après-midi. Nous avons pu en suivre deux, intimes, amoureuses et pleines d’humour.

b1d69625-439f-4173-ad63-faeb06b5cd22

A 14 heures aux Rotatives, l’éditrice Alix Penent faisait parler Grégoire Bouillier, de son livre de quatre millions de signes (près de 1800 pages) : Le dossier M (Flammarion). Mettant en scène très joliment la taille du livre, son pari et son épitaphe « à qui veut bien », celle qui l’a édité a rendu un joli « conte » sur la somme produite. Quand il dit « cela raconte une histoire d’amour on n’a rien dit. Donc il faut tout dire et je l’ai fait », a expliqué l’auteur, qui refuse d’être à la surface des choses. Sous des dehors simples, dans une langue directe et vécue, l’auteur a posé des questions importantes : comment être bien dans son époque? Qu’est ce qu’un bon livre? Comment écrire un livre ou la littérature est au centre et où le texte se suffit à lui seul? L’autobiographie de Grégoire Bouillier, invente une forme et une originalité sous son genre de « Dossier ». Sur fond vidéo poétique, il a ensuite lu des extraits de son grave texte. « Nous avons tous tendance à critiquer mais il faut se voir dans le tableau, nous sommes responsable de ce qu’il se passe», explique l’auteur commentant un de ses textes sur l’usage stéréotypé des mots. Un passage terrible sur la recherche de l’amour maternel nous a fait rire.

Alix Penent a terminé la session par une série de très belles citations tirées du dossier, des phrases qu’on a envie de garder avec soi souvent simples et drôles comme « Que deviennent les gifs qui se perdent? ». En morceau de bravoure de cette présentation si vivante la lecture par l’auteur de son texte sur le réalisme trop grand d’une livraison de pizza a fait hurler de rire le public.

A 16 heures, le romancier Laurent Mauvignier commentait ses “beaux jours” devant un auditorium du Mucem très rempli et  auprès de Vincent Josse. Une sorte de Masterclass ponctuée d’extraits comme son travail avec Preljocaj dans la cour du Palais des Papes avec Ce que j’appelle oubli et d’interventions d’amis comme une interview vidéo d’Isabelle Carré où l’actrice interroge l’écrivain sur sa confiance dans son écriture. “Je crois que j’écrirai toute ma vie et je n’ai pas l’angoisse de la page blanche même s’il faut maintenir le feu sacré pour soi ». Ou une autre vidéo de Denis Podalydès qui a permis à Laurent Mauvignier de défendre sa vision de la littérature : toujours dans la suggestion et assez pour vraiment faire le travail et ne pas le laisser faire au lecteur. Parmi les bonnes recettes d’écriture de l’auteur : mettre à profit toutes les occasions où l’on senior comme les dîners de famille. Le lien de son écriture avec celle du théâtre de Bernhardt ou de Bond ont été évoqués. Et l’auteur a livré son panthéon d’auteurs personnels comme les américains Richard Bausch, Cormac McCarthy ou, António Lobo Antunes ou Antonio Muñoz Molina.

Nous avons infiniment regretté de manquer le concert et événement de clôture du festival qui réunissait ce dimanche Philippe Katerine et Philippe Eveno au Fort Saint-Jean. Un spectacle intitulé d’après le livre de pensées de Philippe Katerine : Ce que je sais de l’amour, ce que je sais de la mort (Hélium 2017), créé aux Correspondances de Manosque l’an dernier et que les Parisiens retrouveront à la Maison de la poésie, samedi 9 juin.

Visuels : YH