« Dieu n’habite pas La Havane », quand Yasmina Khadra écrit une romance cubaine

7 septembre 2016 Par Marine Stisi | 0 commentaires

Yasmina Khadra publie aux Editions Julliard Dieu n’habite pas La Havane dans le cadre de la rentrée littéraire 2016. L’auteur algérien aux multiples succès y raconte ici la rencontre inattendue de Juan del Monte Jonava, dit Don Fuego, chanteur cubain sur la paille, avec Mayensi, une mystérieuse jeune femme aux cheveux couleur des flammes.

Note : Note de la rédaction :

« Dans mon esprit, je ne pouvais pas appartenir à cette catégorie d’artistes qui font la queue tous les matins devant les guichets dans l’espoir de décrocher un passage éclair sur une scène improvisée, avant de revenir le lendemain supplier les sous-fifres de leur accorder une seconde chance, puisque la veille ils ont raté le coche. J’étais Don Fuego, bien vautré sur mon nuage, le micro en guise de sceptre et la tête pétillante d’étoiles, trop près des dieux pour attendre quoi que ce soit des caciques là-bas ».

« Rousse et belle comme une flamme »

Don Fuego n’est plus le tombeur qu’il était. Si lui y croit encore, le succès ne lui sourit plus guère : il perd son emploi de chanteur, et le voici à faire du porte à porte pour qu’on lui laisse pousser la chansonnette contre quelques pesos. Cependant, quand son chemin croise celui de l’incendiaire et mystérieuse Meyensi, le vieil homme sent, pour la première fois depuis longtemps, son cœur battre la chamade. Un amour assez inédit va naître, fait de mystères et d’admiration, de colère et de dévotion.

Yasmina Khadra, auteur de L’Attentat, des Hirondelles de Kaboul, bien que réussissant à emporter le lecteur avec lui dans cette romance passionnée, violente et destructrice – dont on ne saurait dissimuler la gêne de cette si importante différence d’âge -, fait parfois usage d’un ton trop mielleux. Le sens de la formule, parfois, nous perd avec trop de mièvreries (« Mayensi est ma lumière. Il n’est pas nécessaire d’allumer dans la maison : elle éclaire toute chose autour de moi »).

Era una vez… La Havana

Malgré tout, si la trame narrative de Yasmina Khadra, dans ce livre parfois nous égare, il n’en est rien de la ville que l’auteur a choisi pour décor. La Havane, à elle seule, occupe une place essentielle du roman. Peut-être même, occupe-t-elle la place centrale…

On les voit, on les imagine et on les sent, ces rues brunies par le soleil, ces murs qui s’effritent, ces vieilles voitures dont le moteur tient sans savoir très exactement comment… On visualise bien, ces palaces fréquentés par le gratin, quand les familles cubaines s’entassent dans des appartements en ruine.

On comprend très bien, cette formule qu’a donnée le titre du roman : « Dieu n’habite pas La Havane ». Quand l’argent est une denrée rare, que les magasins ont les étagères vides et que le temps, semble-t-il, se soit arrêté à l’arrivée de Fidel, on comprend la sensation : s’être fait abandonner par le seigneur. Quand il fait avancer le reste, mais qu’il laisse Cuba derrière lui. Que les espoirs, aussi beaux et grands soient-ils, finissent souvent par s’envoler… Yasmina Khadra, mine de rien, publie ici un livre d’une réelle beauté et vraiment fort sur l’espoir, la maturité, le désespoir aussi, et surtout, la vie.

Yasmina Khadra, Dieu n’habite pas La Havane, Editions Julliard, 312 pages, 18€.

Date de parution : 22 août 2016

Visuel : © DR


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