« Paris 1900 » et « Infernal », dans L’Oeil Curieux |BNF Éditions|

18 décembre 2016 Par
Le Barbu
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BNF Éditions nous propose deux expositions de poche dans sa collection L’Oeil Curieux. Ces magnifiques petits ouvrages valent le détour. C’est la « haute couture » du bouquin de poche, pédagogique et curieux. Parfait pour faire de petits cadeaux !!!

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Cet opus de « L’Œil curieux » dévoile la veine fantastique du XIXe siècle dans un florilège de monstres et de chimères nés de l’imagination de graveurs, stimulée par le pouvoir suggestif du noir et de l’encre. Goya, Gustave Doré, Delacroix, Odilon Redon… autant d’artistes pour traduire la fièvre d’atmosphères nocturnes et activer avec génie la verve saturnienne de l’étrange et du maléfique. On découvre ou redécouvre avec délices, entre autres : les monstres des Caprices de Goya, le Méphistophélès de Delacroix, les créatures de L’Enfer de Gustave Doré ou les étranges rêves d’Odilon Redon. Dans la noirceur de leur encre, ces maîtres de l’estampe excellent à la multiplication infinie des combinaisons homme/animal susceptibles de forger d’étranges hybrides et nous livrent tels quels : monstres anthropomorphes volants, facétieux gnomes, vampires hideux, insecte en redingote et araignée souriante… Que leur registre soit effrayant ou comique, plus ces créatures sont vraisemblables et plus elles sont crédibles ? à l’instar de celles qui peuplent nos cauchemars. Et plus nous nous amusons, aussi, à évaluer secrètement l’épaisseur de la membrane qui sépare l’humain du monstrueux !

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Cet opus de « L’Œil curieux » propose une trentaine de photographies de l’Exposition universelle de 1900, issues d’un des plus grands ateliers de l’époque, celui des frères Neurdein. Visitée par cinquante millions de visiteurs venus du monde entier, l’Exposition de 1900 a éclipsé toutes les autres en raison de son gigantisme et de son exubérance. Déployée sur trois arrondissements, elle prétend contenir tous les accomplissements du génie humain et satisfaire jusqu’à l’ivresse toutes ses aspirations ! Plus d’un siècle après, son immense aura qui a ébloui en son temps la Belle Époque, semble encore flotter sur la ville. De la place de la Concorde au Champ-de-Mars en passant par le Grand et le Petit Palais, le palais de Chaillot et l’École militaire, ce ne sont que fastes gothiques reconstitués, emphase de palais et de manufactures, salles de spectacle, fééries lumineuses, cités exotiques et manèges… Entre rétrospective du siècle passé et célébration enthousiaste de la modernité technique, l’Exposition de 1900 est à la fois scientifique et artistique, artisanale et industrielle, didactique et ludique, nationaliste et universaliste. Mais, plus que tout cela, elle est pour beaucoup de visiteurs le lieu des premières rencontres avec le cinématographe, les ascenseurs, le téléphone, l’automobile, les trottoirs roulants, le métropolitain et les bateaux-mouches… Faite pour l’essentiel de matériaux périssables, l’Exposition de 1900, doit peut-être sa gloire à son caractère éphémère. Comme l’électricité à laquelle elle était dédiée, elle fut éblouissante et fugace. Les Neurdein, comme les millions de ses visiteurs, étaient alors conscients que cette cité fabuleuse s’évanouirait bientôt. Leurs clichés retracent la gloire de l’exposition et puisent dans cette magie de l’éphémère leur durable pouvoir de fascination.

Paris 1900 L’Exposition du siècle et Infernal, collection L’oeil Curieux, BNF Éditions, 2016.