Danse

Nijinski dans « Letter to a man »

Nijinski dans « Letter to a man »

18 décembre 2016 | PAR Marie Boëda

Letter to a man est la deuxième création qui associe Robert Wilson et Mikhail Baryshnikov. A travers des passages du Journal de Nijinski, ils relatent la folie qui l’emporta dans les années 1918-1919. Déchirant. 
A voir au Théâtre de la Ville- Espace Pierre Cardin jusqu’au 21 janvier.

Comme dans un film muet, Baryshnikov maquillé à outrance, mime les mots chaotiques de la star des Ballets russes. Pour cela, il fallait absolument un interprète charismatique, pari réussi pour l’étoile russe de 68 ans qui, seule sur scène, incarne Vaslav Nijinski en pleine descente aux enfers. Il y dévoile un talent théâtral plein d’humour qui s’allie naturellement à son expressivité corporelle.

Les passages de folklores slaves et de jazz band américain colorent les pensées sombres du danseur russe. Des pensées qui se tournent vers Dieu, qu’il pense incarner mais aussi vers la guerre, la peur et la masturbation, son rapport à Diaghilev (créateur des Ballets Russes).  Un cahier qui a été découvert bien après sa mort ; il le cachait.

Vaslav Nijinski est le chorégraphe du Sacre du printemps de 1913, avec la musique de Stravinsky dans le cadre des Ballets russes. Spectacle plus que décrié d’abord puis adulé quelques mois plus tard.

C’était particulièrement risqué de créer une œuvre à partir des écrits très dérangeants de Nijinski. Bob Wilson et Mikhail Baryshnikov ont prouvé leur capacité à mettre en valeur un texte et un artiste, réputé pour être reclus dans sa folie et pourtant considéré comme une référence de la danse du XXe siècle.

(c) Lucie Jansch

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Marie Boëda

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