[Critique] du film « Le monde de Dory » Pixar ne surprend plus qu’épisodiquement

25 juin 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Alors que Disney redécouvre  les joies de l’originalité (Zootopie, Les Nouveaux Héros), Pixar a peu à peu perdu de sa superbe, malgré le coup d’éclat Vice-Versa. Le monde de Dory (suite du Monde de Némo) est à l’image de cette tendance, proposant un spectacle familial sympa mais formaté, d’où surgissent heureusement par instant quelques fulgurances. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?

Pixar est depuis sa naissance un pur fantasme de cinéphile (voir notre dossier), réunissant d’incroyables talents de conteurs et une inventivité technique et scénaristique inégalée. La firme à la lampe a mal négocié son virage de la maturité, se lançant dans des suites opportunistes (Monsters University,Cars 2) ou des dessins-animés mignognnets (Le voyage d’Arlo). Vice-Versa nous avait réconcilié avec un esprit que l’on croyait perdu, nous embarquant dans un grand-huit émotionnel bouleversant sur les troubles de l’adolescence. Une pause créative brillante avant ce Monde de Dory plus formaté, reprenant l’univers d’un des plus grands succès du studio, Le monde de Némo. Le spin-off conserve l’environnement visuel du premier film en l’enrichissant de deux trois bestioles supplémentaires et en mettant à l’honneur un nouveau personnage principal. Cette Dory attachante dans sa maladresse, atteinte de troubles de la mémoire immédiate et pipelettant sans cesse tout en oubliant plus vite que son ombre.

Andrew Stanton a repris la structure scénaristique du premier film, en appliquant cette fois la quête familiale aux parents du poisson bleu. Dans un périple d’aventures qui reprend un peu trop fidèlement les décors et les inventions de Némo. On retrouve l’impression générale qui se dégage des suites de Pixar : une forme de mollesse et de paresse enchaînant très mécaniquement action, humour et émotion. La technique est comme toujours impeccable et le spectacle est loin d’être désagréable mais la petite étincelle, qui permettait à Wall-E ou Up de parler autant aux adultes qu’aux enfants, est trop souvent absente. On la retrouve ici et là, dans quelques scènes magnifiques,qui osent nous surprendre et nous emmener vers des émotions plus complexes. Une séquence d’introduction en flash-back sur l’enfance de Dory, la découverte de son handicap, et les efforts de ses parents pour la soutenir. Plusieurs instants bouleversants de détresse, suivant une Dory désorientée, paniquée, confrontée à son incapacité à réagir comme les autres.

Pixar n’a jamais été bon dans le mou, le facile, l’entre-deux. Et les meilleures séquences de Finding Dory sont celles qui lâchent les rênes et s’éloignent du formatage familial consensuel pour aller aussi bien dans l’infiniment intime que dans le plus extravagant. En grisant son univers coloré pour le rendre trouble, inquiétant et profondément triste, en confrontant Dory à sa solitude et à son mal-être. Ou en dopant aux amphétamines une séquence d’action finale joyeusement improbable. On aurait aimé que Pixar assume totalement ces moments de liberté plutôt que de les noyer dans un canevas général trop convenu. Car la morale du film est paradoxalement une ode à l’incohérence, à l’instinct, à l’impro, à la folie. Transformant le handicap en une force de proposition alternative, créatrice d’idées et de solutions nouvelles.

Gilles Hérail

Le monde de Dory, un film d’animation américain Disney Pixar d’Andrew Stanton, durée 1h35, sortie le 22/06/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film

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