[Berlinale] « Chi-Raq » : Spike Lee parle BOBC et #BlackLivesMatter

17 février 2016 Par Elie Petit | 1 commentaire

Spike Lee revient avec Chi-Raq (prononcer Shaï-Rak), qui adresse le message Black Lives Matters à l’intérieur même des communautés noires aux Etats-Unis.

Note de la rédaction :

Dans un récit contemporain situé dans le Sud de Chicago, alias Chi-Raq (mot d’argot utilisé pour désigner la ville et insister sur le fait qu’elle a un des plus fort taux de meurtres aux US), Spike Lee raconte la lutte de femmes de gangsters liguées pour justement mettre fin à la guerre des gangs.

Comme toujours avec Spike Lee, le propos est politique, comparant le nombre d’américains tués en Afghanistan (3 500) et en Irak (4 500) sur les période 2001-2015 avec le nombre d’homicides à Chicago (7 500) dans le même temps. Le constat posé, la démonstration cinématographique peut commencer. Et là, surprise, Chi-Raq est effectivement un film de la rue noire, du hip-hop mais c’est partiellement une comédie musicale. Encore plus intéressant, les phrases sont rimées et les personages ont un flow d’enfer. Après avoir pris conscience de la violence de ce que l’on appelle BOBC (Black On Black Crime), Lysistrata (Teyonah Parris) - oui, comme dans Aristophane, « celle qui délie l’armée » – pousse son compagnon Chi-Raq (Nick Cannon) et les autres chefs de gangs à stopper la guerre. Pour arriver à ses fins, elle propose une méthode militante aux femmes de gangsters. Une méthode militante peu orthodoxe mais très efficace. Et c’est effectivement la pièce d’Aristophane Lysistrata qui est adapté dans le Chicago d’aujourd’hui.

Chi-Raq est un film surprenant, efficace, conscient. Un film très agréable visuellement. On regrette de ne pas comprendre parfaitement toutes les subtilités de l’argot US pour profiter des rimes qui se succèdent durant ces deux heures de bonheur, ponctuée par un Samuel L Jackson hilarant.

De Spike Lee
Avec Nick Cannon, Teyonah Parris, Wesley Snipes, Samuel L. Jackson, Angela Bassett, John Cusack


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