Vernissage : Tatiana Trouvé, prix Marcel Duchamp 2007

25 juin 2008 Par Yaël | 5 commentaires

La 7 e lauréate du  prestigieux prix Marcel Duchamp a été décorée, hier, à Beaubourg, dans une cérémonie qui marquait aussi le vernissage d’une oeuvre spécialement commandée par le Centre Pompidou  pour la salle 315: « 4 between 3 ans 2″. A voir jusqu’au 29 septembre.

Après Philippe Mayaux l’an dernier, c’est l’artiste italienne vivant en France Tatiana Trouvé qui a remporté le prix Marcel Duchamp en 2007.

Le prix Marcel Duchamp est la distinction artistique la plus médiatisée en France et à l’étranger. L’objectif de ce prix, organisé en partenariat entre la FIAC (Foire internationale d’art contemporain) et l’ADIAF (Association pour la diffusion internationale de l’art français) est d’assurer le rayonnement de l’art français dans le monde. La sélection des artistes candidats est faite par des collectionneurs, tandis que le jury qui désigne le vainqueur est constitué d’experts reconnus dans le monde de l’Art contemporain.

L’art de Tatiana Trouvé est une sorte de dessin en 4 dimensions. L’artiste n’aime pas parler « d’installation », trop opaque et préfére parler de dessin pour l’usage mélancolique qu’elle fait des 3 dimensions menant vers une 4e, le virtuel,  à imaginer dans les interstices et le suggeré. Après la série des « Polders », sortes de constructions de l’espace qui semblaient lutter comme exister comme les avancées artificielles de terre sur la mer en Hollande, les nouvelles séries d’oeuvres de Tatiana Trouvé, « les rémanences » sont tout aussi fragiles.


Le projet  « 
4 between 3 ans 2″ porte sur ses murs de nombreux dessins appartenant à la série des rémanences, le titre même évoque ce virtuel fragile et tourmenté que l’artiste présente comme une donnée émergeant entre les deux dimensions des dessins et les 3 dimensions des sculptures. Très géométrique, avec sa séparation en deux par une grille qui laisse tout voir, et deux espaces en contrebas résonnant l’un avec l’autre, « 4 between 3 ans 2″  est marqué de la magie noire et néanmoins humaine qui se dégageait de la série des « Polders ». On y retrouve l’utilisation  de portes basses  qui ouvrent sur une lumière verte dans un espace vide et néanmoins encombré. Le temps semble fuir comme du charbon,  le long d’un mur où un gisement de poudre noire s’écoule en silence. Le temps pique comme les sculptures-tortures répandues dans l’espace 315. Enfin, le temps pèse aussi le poids des boulets qui s’épanouissent en arabesques avec les visiteurs à leurs pieds.

Salle 315, jusqu’au 29 septembre, Centre Pompidou, 4 e étage, place Georges Pompidou, Paris 4 è, tljs sauf mardi 11h-22h, 10 euros l’entrée et 44 euros le laisser passer pour un an (ou 22 euros le pass étudiants/-26).


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