Solidays, Jour 2 : Force et Solidarité avec Reza, Amadou et Mariam, Her, Biflo & Oli et Romeo Elvis

24 juin 2018 Par
La Rédaction
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Pour cette deuxième journée aux Solidays, les festivaliers n’ont pas perdu leurs forces ! Le soleil qui domine fait reflet sur les paillettes et les strass que l’on porte aux coins des yeux. La chaleur est la et n’a cessée d’augmenter à chaque fois que l’on s’est enfoncé dans les fosses des concerts de Bigflo et Oli, Her, Roméo Elvis et tous les autres !

A 15h, heure de l’ouverture, l’Hippodrome de Longchamp est baigné de lumière. On a envie de danser et de s’amuser mais le festival Solidays ce n’est pas qu’une line-up de folie, c’est aussi le premier festival « humanitaire » de France. En premier lieu, les bénévoles et tous les membres de l’équipe n’oublient jamais pourquoi ils sont ici : prévenir contre le sida. Le festival s’ouvre aussi à d’autres causes humaines comme le développement, l’accueil des réfugiés, la guerre … Dans le Social Club, l’espace débats du festival, nous sommes nombreux, il fait très lourd, mais on reste. D’abord pour écouter Cédric Herrou, agriculteur et activiste, arrêté plusieurs fois et condamné pour avoir aidé 200 migrants à la frontière entre l’Italie et la France. Le récit de sa vie et de son expérience vient nous rappeler l’absurdité des « délits de solidarité ». Marie-France Cohen elle, est loin des terres agricoles mais son engagement n’en est pas moindre. Touchée par la situation migratoire du pays, elle décide via l’association Singa, d’accueillir Mohammad qui depuis 4 ans est en exil. Très vite les photographes vont s’imposer sur la scène du Social Club. Anne A-R nous présente son œuvre « I am with Them » une œuvre qui pour elle « redonne une identité aux réfugiés ». De ses portraits de femmes, d’hommes et d’enfants qu’elle a pris en Ouganda à la frontière du Soudan du Sud, la photographe nous dévoile les souffrances de tous ces êtres humains trop souvent oubliés en Occident. Mais, en leur donnant la parole, ils ressuscitent et la force de leurs convictions vient nous rappeler qu’il est encore tant d’agir.

Cette séance « débat » s’achève avec l’incroyable Reza. Reza Deghati est certainement l’un des plus grands noms du photojournalisme et il ne quitte jamais son appareil même pour venir nous parler sur scène. Originaire d’Iran et naturalisé français, Reza témoigne depuis 30 ans des tourments de la vie. Des scènes de guerre au Kurdistan en passant par la petite fille pauvre de Sarajevo, il vient nous parler d’humanité, vient nous rappeler notre devoir de solidarité. La fin du discours de Reza s’achève sur les premières notes qui ne cessent de monter en volume d’Amadou et Mariam. La tête encore pleine de ces riches témoignages, de ces leçons de vie, nous quittons la salle, rejoignons le soleil et partons danser sous Un dimanche à Bamako.

Amadou et Mariam, douceur d’outre-méditerranée.

Le soleil tape, oh oui il nous fait vriller la tête. L’un des premiers concerts de la journée commence. C’est Amadou et Mariam qui ouvre les festivités de ce deuxième jour. Et quelle façon d’inaugurer cette journée! Avec un vol Paris – Bamako! Les deux chanteurs maliens arrivent sur scène, vêtus de ce si bel habit rouge sang, et ils sont chauds bouillants. Ce sont leurs mots! Et à force de le répéter, on y croit. À défaut de connaître toutes les chansons, la foule suit la cadence des rythmes endiablés joués par Amadou – à la guitare- et de son groupe. Dans un Hippodrome de Longchamp ensoleillé, le couple star nous donne envie de nous échapper de notre quotidien mais nous n’avons pas le temps, il nous reste Five Minutes avant de rejoindre la scène ou se produit Her.

Her, dynamisme et mémoire

Avec son ensemble vert d’eau, Victor Solf, l’interprète du groupe, et ses musiciens mettent le feu au dôme dès les premières notes. L’énergie qui s’impose fait contraste à la mélancolie qui nous emporte car Her c’est le projet de deux personnes, une avec nous sur la scène et l’autre dans nos têtes. L’écriture de cet album a été achevé par Victor Solf mais a été entamé avec son meilleur ami, Simon Carpentier, disparu des suites d’un cancer le 13 août dernier. Déterminé à emmener sa musique le plus loin possible, Her nous fait valser à la fois au rythme de ses ailes brisées et sur son dynamisme, sa détermination à honorer son complice. Toute la culture a presque envie de verser sa larme mais s’échappe vers la scène principale direction Toulouse.

Bigflo & Oli, conteurs d’aujourd’hui.

« In trust we love » borde la scène principale. La foule comment à s’y amasser autour. Les prochains artistes? Un duo de frères qui vient de Toulouse et qui en l’espace de trois ans, grâce à leur rap poétique, ont sur se faire une place de choix dans l’univers du hip-hop. Sur scène, c’est une ville du Sud – peut-être Toulouse – avec le bistro du coin, qui est recrée. « La Vraie Vie », ça doit être ça. La foule est en demande, alors ils s’exécutent. Vingt heures pile, Bigflo apparait sur un coin de la scène. Le morceau « La Vraie Vie » démarre, comme un cri de rage à ceux qui les écoute. Puissamment beau, émouvant, et une plume d’une rare qualité. Oli le rejoint, continue les hostilités. Les sons s’enchaînent. La foule, qui semble s’étendre sur l’ensemble du festival, suit, chante ces tranches de vies. On pense avoir déceler une once d’émotion dans les yeux du grand frère, de fierté même. Moment de douceur intense, définitivement marquant. Adieu la ville rose, on remonte dans le nord direction Bruxelles !

Roméo Elvis, la star du rap belge

«Bruxelles est la capitale d’un pays qui va mal, c’est ce qu’ils veulent nous faire croire à travers ces foutus journaux…» Dès le début, une impressionnante foule scandent ses textes. Roméo Elvis n’est plus l’étoile montante du rap belge, non, il a désormais imposé son style et son univers. Sur scène c’est son charisme qui frappe les milliers de fan. Il communique avec nous, dialogue, comme si nous étions qu’une poignée à être présents. Des éléments jazz et funk portent ses paroles tout le long et nous, on est vite bercés par les sons de la guitare qu’il attrape pour Drôle de question. Bruxelles on t’aime.

Shaka Ponk enflamme la scène du Grand Paris

Après 22h, c’est au tour de Shaka Ponk de venir s’installer sur la scène de Paris et avant même t’entendre le moindre bruit on sait déjà que le show va être électrique. Ça ne manque pas. L’énergie du groupe de rock venu défendre son 6èmealbum, The Evol’, n’est plus à prouver. Personne n’est de marbre dans le public, sautant dans le peu d’espace qu’il y a, signe ultime du rock tendus en l’air : le pouce, l’index et le petit doigt relevé, le reste des doigts repliés. DJ Snake projetait du feu sur scène, Shaka Ponk n’en a pas besoin, ils en produisent eux-même.

Toute la culture a terminé sa soirée sur le set de David Guetta qu’on ne présente plus maintenant. Aujourd’hui c’est le dernier jour du festival, programme chargé avec Juliette Armanet, Thérapie Taxi, IAM, Jungle, Two Door Cinema Club, on a hâte !

Par Donia Ismail et Solène Paillot

Credits : © SolènePaillot