Succès plus que mitigé pour le pass culture en Italie

27 septembre 2017 Par
Guillaume Laguinier
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Alors que le gouvernement d’Emmanuel Macron souhaite instaurer le « Pass Culture » en France d’ici l’année prochaine, le programme risque de ne pas être renouvelé en Italie, en 2018. La faute à des résultats trop peu probants, pour une dépense trop importante. 

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Comme il semble y tenir, Emmanuel Macron, à son « Pass Culture » ! Il faut bien reconnaître que, sur le papier, l’entreprise semble noble: « Le jour de vos 18 ans, vous avez 500 euros pour pouvoir acheter des livres, accéder à des contenus culturels, sur d’ailleurs une plateforme qui sera gérée par le ministère. C’est ce qu’a fait l’Italie et ça marche formidablement. », expliquait le président de la République au micro de Radio France. De quoi, semble croire le gouvernement, rabibocher les jeunes et la culture.

A en croire pourtant l’exemple Italien, premier pays à avoir lancé le Pass Culture, ou plutôt le « bonus cultura » avec Matteo Renzi après la victoire du « non » au référendum constitutionnel de décembre, l’initiative connaît un succès en demi-teinte. La faute, semble t-il, à une plateforme d’utilisation peu claire, bardée de grosses difficultés d’identification. De plus, certains spécialistes italiens pointent du doigt que le pass culture, qui permet effectivement de faciliter l’accès à la culture, n’éveille pas pour autant la conscience aux arts. En conséquence, seuls 61% des jeunes ayant atteint leur majorité ont fait usage du pass. 500 euros dépensés principalement dans les livres (77%) et les places de cinéma (18%). Les utilisateurs regrettent aussi que la structure ne permette pas l’achat de produits numériques, parfois essentiels, comme des tablettes, des ordinateurs, ou des lecteurs de livres numériques.

Plus surprenant encore: un marché noir de pass a vu le jour dans le pays de la beauté, où des jeunes, aidés par des commerçants locaux, ont mis au point un drôle de système. Sur Facebook fleurissent les groupes destinés à ce commerce parallèle protéiforme. En plus de la simple opportunité d’achat/revente bête et méchante s’ajoute un procédé plus vicieux, relayés par les médias français et notamment par les Echos: certains commerçants fournissent en effet de fausses factures, par exemple de livres, pour couvrir d’autres dépenses, comme des objets numériques.

Reste à savoir si la disposition sera reprise telle qu’elle dans l’hexagone, ou si elle s’appuiera sur cet exemple en gommant ces défauts.