Fictions

« SUMMER » DE MONICA SABOLO, LE MYSTERE D’UNE FAMILLE TROP PARFAITE

« SUMMER » DE MONICA SABOLO, LE MYSTERE D’UNE FAMILLE TROP PARFAITE

27 septembre 2017 | PAR La Rédaction

Après Tout cela n’a rien à voir avec moi (Prix de Flore, 2013) et Crans-Montana (Grand prix de la SGDL, 2015), Monica Sabolo signe avec Summer un roman proche du thriller psychologique, dont la poésie nous emballe et nous accroche.

[rating=3]

Par Mathilde Vincent

Vingt-cinq ans après la disparition soudaine de sa sœur Summer, lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Benjamin n’a toujours pas dépassé le traumatisme. La mystérieuse disparue n’a laissé aucune trace derrière elle, seulement un grand vide qui hante son frère. L’image de Summer est obsédante et continuelle, comme bloquée dans son esprit. Au cours de ses séances chez le psy, il tente de remonter le fil de sa mémoire, de se confronter aux souvenirs qu’il a si profondément enfoui toutes ces années.

Nous ne quittons jamais le point de vue de Benjamin et suivons sa pensée inégale, ses doutes et parfois ses déclics. Sorte de « vilain petit canard » dans une famille a qui tout semble réussir, beaucoup d’éléments ont échappé à Benjamin lors de son enfance et même par la suite. Avec lui, nous ré-explorons le passé afin de trouver des clés de compréhension, comme une solution à l’énigme.

Le suspense s’installe et l’écriture file, sans pause, à la manière d’un raisonnement de la pensée qui rebondi et s’enfonce dans sa propre matière, si bien qu’il nous est difficile de lâcher le roman. L’auteure manie la métaphore à merveille, apportant une atmosphère très sensorielle et poétique. Le mal-être de Benjamin est palpable comme l’est le halo de lumière qui entoure la magnifique Summer ou la couche de vernis que leurs parents tentent de maintenir autour de leur vie. C’est ce jeu des apparences, auquel Benjamin s’est toujours senti étranger, qui est au coeur de l’ouvrage.

Summer, Monica Sabolo, JC Lattès, 320 p., 20€.

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La Rédaction

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