Voyage
Un été à Arles

Un été à Arles

01 juillet 2022 | PAR Geraldine Elbaz

Et si l’on s’offrait une parenthèse estivale dans le sud de la France ? Entre Arles et Saintes-Maries-de-la-Mer, des arènes au Château d’Avignon, à la redécouverte de vestiges archéologiques extraordinaires, du sarcophage de Prométhée aux reconstitutions de fresques flamboyantes, déambulons avec nonchalance et curiosité à travers l’histoire de notre patrimoine et abreuvons-nous de culture. Entre deux visites, faisons une halte gourmande : nous avons de belles adresses à vous proposer. Du Museon Arlaten à la fondation Luma, suivez le guide !

Ahhh la Camargue et ses trésors enfouis ! Si la ville d’Arles est surtout connue pour avoir inspiré Van Gogh, pour son amphithéâtre et son théâtre antique, saviez-vous qu’elle abritait la plus importante collection archéologique de Provence ? Le Musée Départemental Arles Antique (MDAA) recèle de collections rares et précieuses permettant aux visiteurs de replonger dans le passé afin de mieux comprendre la vie des Romains de l’époque.

Le sarcophage de Prométhée

Abritant la deuxième plus grande collection mondiale de sarcophages après le Vatican, le MDAA a, depuis peu, une nouvelle pièce maîtresse à vous présenter : le sarcophage de Prométhée. Anciennement au Louvre, cette œuvre en marbre remarquablement conservée illustre le mythe du dieu Prométhée façonnant le premier homme dans la glaise. Certes, Prométhée, c’est aussi le Dieu grec ayant volé le feu sacré pour l’offrir aux humains et puni par Zeus, mais c’est en tant que créateur de l’humanité qu’il est représenté ici, entouré d’Athéna, d’Hermès, de Psyché et des Parques.

Le MDAA aussi appelé Musée Bleu, haut lieu du patrimoine culturel des Bouches-du-Rhône, déploie un formidable parcours de sculptures antiques dont le fameux buste de Jules César. Vous découvrirez également d’incroyables fresques reconstituées, telle une mosaïque géante. Certaines vous indiquent l’agencement des logements de l’époque avec un message déjà bien ancré : Carpe Diem.

L’Arles-Rhône 3

Imaginez maintenant une épave de 31 m de long, un chaland romain datant des années 50 après J.-C. Sorti des eaux en 2011 par 50 archéologues et experts mobilisés, il aura fallu 7 mois de chantier pour le récupérer. La coque est magnifiquement préservée, tout le mobilier de bord (vaisselle et outils) ainsi que son chargement ont été sauvés. On distingue encore quelques inscriptions. Bref, la visite vaut le détour. 

Le Museon Arlaten, un voyage dans le temps

Inauguré en 1899 par Frédéric Mistral, le musée arlésien consacré à l’ethnographie de la Provence vient de rouvrir ses portes après 11 ans de rénovation. Véritable écrin de la culture provençale, le Museon Arlaten abrite près de 40 000 pièces de collection. Il offre un parcours novateur au cœur d’une « fabrique de mémoire ».

« OUI! HISTOIRES DE MARIAGES »

Jusqu’à fin octobre 2022, vous y découvrirez notamment une exposition originale et moderne à la scénographie élégante sur l’histoire des mariages. Du XVIIIe au XXIe siècle, replongez dans les traditions d’hier et d’aujourd’hui. 

Le Château d’Avignon, un bijou de technologie avant-gardiste

Ancienne bastide construite du XVIIIe siècle et réaménagée par Louis Prat-Noilly vers 1895, le Château d’Avignon allie magistralement architecture, technologies, art et environnement. Situé en Camargue et classé monument historique, il est depuis peu ouvert au public. Vous y découvrirez contre toute attente le confort bourgeois moderne avec électricité, eau courante et chauffage central. Et tout ça, grâce à un système de pompage hydraulique jamais vu jusqu’alors. Il fallait y penser !

La maison de la Harpiste 

Imaginez des milliers de fragments de peintures murales à rassembler depuis 3 ans pour recréer une habitation d’il y a plus de 2000 ans. Imaginez une équipe d’archéologues et restaurateurs chevronnés passant des milliers d’heures sur cet immense puzzle. Plus de 800 caisses de fragments à trier, nettoyer, placer… Grâce au MDAA, vous avez maintenant l’opportunité d’aller visiter le site et de rencontrer les professionnels. 

Luma Arles, 11 hectares dédiés à la production artistique

Arles c’est aussi et depuis 1 an déjà la Fondation Luma. Lieu attractif d’art et de culture, d’expositions, de performances, de conférences, de rassemblements… Initié par Maja Hoffmann, mécène, réalisatrice de documentaires et collectionneuse d’art, le lieu est en mutation permanente et a vu sa tour inaugurée le 4 juillet 2021.

« Nous voulions évoquer l’ancrage local depuis « La Nuit étoilée » de Van Gogh à l’émergence des blocs rocheux des Alpilles. La rotonde quant à elle fait écho aux arènes romaines. » (Frank Gehry)

L’architecture de la tour de 56 m et de 15 000 m2 interpelle aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur : 11 000 briques d’acier inoxydable, mais aussi du béton et du verre. Dedans, des toboggans métalliques impressionnants (Carsten Höller), des escaliers en colimaçon vertigineux, des murs de sel à chaque étage… Les salles d’expositions se suivent et ne se ressemblent pas. On y découvre notamment l’œuvre d’Arthur Jafa Live Evil (exposition temporaire) ou la première rétrospective majeure du cinéaste, photographe et poète Sky Hopinka : The Sun comes in whenever it wants. La terrasse panoramique au 9e étage nous offre une vue unique de la ville. Des années de chantier pour produire un aimant culturel puissant et insuffler une dynamique artistique incontournable. Magistral.  

Jolies tables de la région

Le Camargue Social Club

Le Camargue Social Club, nouveau lieu de la scène culinaire arlésienne, vous offre une cuisine créative inspirée des meilleurs produits du terroir. Raffiné et chaleureux, ce restaurant est un voyage au cœur de la région. Tout est fait maison et vous y serez bien reçus. 

Le restaurant de l’hôtel Arlatan

Niché au cœur de l’hôtel particulier le plus merveilleux d’Arles, le restaurant de L’Arlatan fait sensation. Dans un cadre somptueux aux lumières colorées et à la décoration très recherchée, le menu proposé est à l’image du reste : un délice. pastedGraphic.png

Le Drum Café

À l’entrée du Drum Café, une immense tapisserie murale vous intriguera : un champ de tournesols brûlés avec sa légende écrite entre parenthèses : (le bonheur n’est pas drôle toujours). Imaginée par Rirkrit Tiravanija, cette œuvre réalisée en laine mérinos d’Arles a nécessité 7000 heures de travail. Créée à partir d’une photographie, la tapisserie fabriquée sur 12 mois par des tisserands mobilisés peut évoquer Van Gogh, mais est avant tout une ode à la nature. 

Dans un cadre design, vous dégusterez une cuisine originale, dont les associations d’ingredients pourrons vous faire lever les sourcils… des petits pois servis avec des fraises ? Après tout… pourquoi pas. 

 

Visuels : (c) Rémi Bénali, Lionel Roux, Iwan Baan

 

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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