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Le bel homme de nuit Gérald Nanty est mort, il emporte les secrets de la Fête Parisienne avec lui

Le bel homme de nuit Gérald Nanty est mort, il emporte les secrets de la Fête Parisienne avec lui

21 décembre 2010 | PAR Bérénice Clerc

Le Dandy des Nuits Parisiennes Gérald Nanty est mort dimanche d’un arrêt cardiaque.

Les vrais amoureux de la nuit auront du mal à se remettre d’une telle perte.

Gérald Nanty n’était pas un taulier de boîte de nuit, un faiseur de fête comme nous en voyons beaucoup s’autoproclamer à Paris depuis quelques années. Il savait créer une ambiance, des lieux hors du temps, de la Mode où le tout Paris se bousculait pour sa personnalité, son engagement, sa convivialité, son sens de l’amitié et des relations à la manière d’un meneur de salons littéraires au XVIIIe siècle.

Dans les Nuits Parisiennes de Gérald Nanty, on ne se bouscule pas sans se connaître entre sueur et alcool, on discute, on pense, on rit et on partage loin du « fric » du show bizz et du Show off !

Gérald Nanty n’était pas prédestiné à cette vie nocturne, élevé dans une institution religieuse de Fontainebleau, sa mère rêve de faire de lui un couturier et le pousse à assumer son homosexualité à une époque loin des « coming out » actuels parfois complexes mais possibles..

Il monte à Paris à 16 ans, rencontre Valentino au café de Flore, après un coup de foudre suivront sept ans de passion et d’amour et la création de sa maison de couture italienne.

De retour à Paris il monte une agence de mannequins et le Club 65 avec Lucky, égérie de Dior à l’époque. Son DJ était Nicoletta, son barman Guy Marchand ! Suivront le Prélude, le Tabou, Boris Vian pour DJ, le Colony, co-financé par Roger Peyrefitte, et l’Echelle de Jacob qu’il ouvrit avec l’excellent Thierry Le Luron, fréquenté par Barbara, Brel, Gréco, Françoise Sagan, sa meilleure amie, Bernard Buffet, Marie Laure de Noaille, Françoise Fabian, Yves Saint Laurent, Claude Berri…

La mort de Thierry Le Luron, victime du SIDA laisse Gérald Nanty ko, les années noires des Nuits Parisiennes dévastées par le SIDA transforment « l’homosensualité » publique en homosexualité parfois « glauque » quand sexualité ne rime plus avec amour, désir et plaisir mais avec performance sans limite….

En 1996 Françoise Sagan et Frédéric Botton le persuadent d’acheter une ancienne Maison Close rue de Ponthieu, lui donne le nom de son chien, Le Mathis était né !

Allure, charme, éducation et humour sont toujours au rendez-vous de ce lieu sélectif de 30 couverts. Attaché aux bonnes manières, il refuse Madonna arrivée sans prévenir avec 15 gardes du corps ou John Malkovitch trop éméché !

En 2006 il inaugure l’Hôtel Elysées Mathis.

Gérald Nanty était une institution à lui tout seul, trace d’un rêve nocturne où l’on s’amuse sans oublier d’avoir de l’esprit.

La relève existe-elle depuis la parenthèse enchantée du Palace ?

Aurons-nous encore la chance de faire de belles rencontres la nuit comme dans les cabarets Felliniens ?

Les royaumes de l’argent, du sponsoring, du VIP, de l’artifice et des paradis artificiels ne doivent pas vaincre la fête, le romantisme, l’âme, l’incarnation, la spontanéité, l’improvisation, la joie nocturne simple, hilarante, spirituelle et intimiste.

Gérald Nanty dort désormais le jour et la nuit, veillant sur nos nuits futures sans détruire le passé.

Si vous souhaitez connaître la vie de Gérald Nanty, vous pouvez lire sa biographie Co-écrite avec Elisabeth Quin : Bel de nuit chez Grasset ou en livre de poche.

 

Les albums de l’année 2010, 3e partie
Album d’une vie : Monet, rencontre avec Florence Gentner
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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