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Nouvelles Apparitions, un week-end d’art autour des vierges pop de Soasig Chamaillard à l’hôtel de la Monnaie

Nouvelles Apparitions, un week-end d’art autour des vierges pop de Soasig Chamaillard à l’hôtel de la Monnaie

04 juin 2012 | PAR Yaël Hirsch

Entièrement rénové il y  un an, et devenu 4 étoiles en octobre dernier,  l’Hôtel de la Monnaie de La Rochelle est devenu un des lieux d’avant-gardes de la ville avec une déco de Philippe Lucazeau, à la fois chaleureuse et étonnante dans ce bâtiment classique où la monnaie était battue pour la ville, il  y a déjà 400 ans (voir notre article). Vendredi soir, pour seulement un long week-end, l’artiste Soasig Chamaillard installait ses graciles et modernes maries au cœur de ce voluptueux écrin. Live-report.

Vendredi 1er juin, 17h, un brûlant soleil illumine la ville de La Rochelle où nous arrivons avec un grand sourire. L’accueil à l’hôtel de la monnaie est jovial et le très joli bâtiment est en effervescence; en effet, dans une heure, c’est une grand première. Un vernissage a lieu, qui est avec le discours du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l’aquarium, l’un des deux grands évènements de la soirée pour la ville. C’est la jeune artiste nantaise, déjà présente dans la décoration de la Monnaie de même que de nombreux artistes de la galerie Albane, qui est le grand nom sur l’affiche de l’hôtel de la monnaie ce soir, avec une exposition « Nouvelles apparitions ».  En entrant, nous pouvons déjà apercevoir ses réappropriations intelligentes de vieilles sculptures de la vierge, transformées en nymphes, super-héroïnes ou geisha.

Le temps de se changer et la cour de l’hôtel est déjà pleine pour 18h, heure officielle de l’ouverture du vernissage. Pour l’occasion, un groupe de jazz a élu domicile dans cette cour, et avec le vin blanc qui coule à flot et le buffet de fruits de mer éclairés par le soleil, l’ambiance est vraiment à la fête. Et de nombreux points rouges viennent déjà couronner les ventes qui pleuvent pour l’artiste à l’honneur : Soasig Chamaillard.

Rousse, souriante, concentrée et habillée de couleurs pastels tout à fait estivales, la plasticienne éclaire pour nous assez vite la complexité d’un travail qui pourrait -dans un premier temps- sembler simplement pop et léger. Soasig Chamaillard nous explique combien de travail lui demande chacune de ses sculptures. Par exemple « la sirène » dans le hall de l’hôtel : pour deux rangs d’écailles en résine autour de la queue de poisson de cette vierge aquatique, comptez un jour entier de travail ! Si bien que la production est restreinte, artisanale et qu’elle a dû renoncer à avoir eux galeries, une à Paris  (Magna carta)et une à Nantes (Albane) pour se concentrer sur la deuxième. Par ailleurs, son travail a un certain succès et elle a dû demander à des amis graphistes de retravailler des photos de certaines de ses « apparitions » en version poster, de manière à ce que l’ensemble du cycle soit représenté ce soir à l’hôtel de la monnaie. Citant comme influences des femmes qui ont dû se battre pour se faire respecter dans un monde de l’art dirigé par les homme : Mary Cassat ou Nikki de Saint-Phalle, Soasig Chamaillard explique que pendant plusieurs années, après les beaux arts, elle a fait de petits monstres avec application. Un travail finalement trop modeste et trop peu créatif, et c’est par  hasard qu’elle s’est tournée vers l’hybridation en 2006. Depuis longtemps déjà, elle adorait les vierges en plâtre ou en pierre qu’on pouvait trouver dans les brocantes. Bouleversée par l’aura de Marie, elle ne savait pas si elle avait le droit d’en acquérir une. C’est son père qui l’ai aidée à franchir le pas en lui offrant la première. Comme elle était un peu cassée, Soasig Chamaillard a fini par la réparer, réalisant qu’elle était déjà en train de la transformer, et par là, de se la réapproprier. c’est ainsi qu’est né ce cycle d’apparition où Marie se met à résonner avec tous les aspects de la féminité moderne, de Miss France à Bioman ou la rockstar, en passant par la traditionnelle nymphe. Un travail qu’elle compte encore poursuivre, tant qu’il l’inspire.

A voir la bonne humeur de l’architecte du lieu et les conversation animées des rochelais enchantés par cet évènement artistique à l’hôtel de la monnaie, l’exposition « Apparitions » n’est qu’une première qui devrait être suivie par bien d’autres expositions éphémères dans ce petit temple du bien être et de l’art. En attendant, alors que tout est redevenu « normal », ce lundi 4 juin 2012 à l’hôtel de la Monnaie et que vous pouvez y voir une pièce permanente de Soasic Chamaillard aux côtés de celles de Hélène et Izabeau Jousse, Nicoals Benedetti, Céline Ranger, Bernard Dagan, Liz Bono, Cali Rezo et El Peon, le solo show ‘Nouvelles apparitions » se poursuit jusqu’à la fin du mois de juin à la Galerie Albane, 1rue, de Sufren, à Nantes.

Visuels cour et façade de l’Hôtel de la Monnaie, et « Super Marie O » dans la salle du petit-déjeuner (c) Yaël Hirsch

Agenda culturel de la semaine du 4 juin
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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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