Mode
Le retour de Valentin Yudashkin au cours de la Fashion Week parisienne

Le retour de Valentin Yudashkin au cours de la Fashion Week parisienne

22 mars 2020 | PAR Cloe Assire

Le marathon des semaines de la mode s’achevait il y a moins d’un mois, alors que la pandémie prenait de plus en plus d’ampleur à travers le monde. Avant d’entrevoir des jours meilleurs, intéressons-nous au grand retour du styliste emblématique russe – Valentin Yudashkin – signant une collection au paroxysme de l’élégance au cœur de la Place Vendôme. 

Après s’être éloigné des podiums de la capitale française pendant deux saisons, Valentin Yudashkin présenta sa collection automne-hiver 2020/2021 au sein de l’Hôtel d’Evreux le lundi 3 mars. Quoi de mieux qu’un écrin de style XVIIIème siècle pour nous plonger dans l’univers de celui considéré comme le premier créateur post-soviétique à apporter un look russe contemporain depuis les années 1980 ? En tout cas, cette collection saisit la rédaction par la justesse de ses coupes, de ses volumes mais aussi et surtout par le raffinement de ses détails. En somme, une ligne de vêtements rappelant le savoir-faire technique de ce couturier sachant ô combien sublimer la femme.

Les cheveux sont peignés, laqués, rabattus derrière les oreilles des mannequins dont les visages sont mis en avant par un teint uniforme et un maquillage discret, sans ostentation. Concernant les souliers choisis, les looks alternent avec de fins escarpins en cuir, agrémentés de délicats bas, et des bottines plates à lacets pour une allure plus décontractée. Les jambes semblent ainsi sans fin, conférant une allure confiante à ces femmes prêtent à (re)conquérir le monde de la mode, à capter l’attention de la critique mais surtout à faire succomber le cœur des clientes.

Pour cela, Valentin Yudashkin fait le choix de revisiter un des classiques de la garde-robe masculine : le costume. Il est ici symbolisé par les rayures tennis ou pinstripes devenues iconiques en striant les costumes de Winston Churchill pendant la seconde Guerre Mondiale. Elles auraient été empruntées à « la tenue des régatiers ou des banquiers anglais mais c’est bien sur les chemises des pionniers de la raquette qu’elles connurent leur premières heures de gloire, avant d’être progressivement adoptées hors des courts par les hommes de goût » explique la marque De Fursac. Visuellement, il s’agit de fines rayures longitudinales espacées de quelques centimètres.

Sans grand changement, le créateur russe les présente telles quelles sur fond noir au début du défilé avant de jouer sur leur épaisseur, sur la couleur ou encore sur la légèreté du textile choisi, nous éloignant au fur et à mesure de l’univers du costume. Tout le procédé créatif de Valentin Yudashkin semblait en effet se dérouler sous nos yeux, parfois de manière expérimentale en laissant visibles des détails comme des coutures ouvertes et repassées, en en faisant ainsi un élément plus esthétique que technique. Puis arrive le moment où les rayures deviennent non plus imprimées mais bel et bien brodées avec d’innombrables sequins. Coup de cœur pour un pantalon ouvert au niveau du pubis sans pour autant paraître vulgaire puisque dévoilant de superbes broderies sur un body ajusté. Une tenue un brin provocatrice pour une femme diablement fatale. 

Plus globalement, l’ensemble de la collection présente des vêtements à la structure impeccable jouant sur la notion de superposition sans pour autant alourdir les silhouettes. Les volumes des robes, des jupes ou encore des pantalons sont parfaitement positionnés, tout en asymétrie, au travers de nuances allant du noir au bleu marine en passant par le rouge rubis et le vert émeraude. Rien de tel pour renforcer l’impression de préciosité se dégageant de ce défilé exceptionnel. On apprécie le fait de pouvoir y trouver tant des tenues pour les grands soirs que pour les journées de travail voire même pour des moments de détente à l’image d’une série de vêtements coupés dans des textiles gris clairs très confortables. Les femmes sont à l’aise dans chacune des pièces, même dans des robes démesurées de part la quantité de textile utilisé.

Valentin Yudashkin signe son retour sur les podiums parisiens avec brio en rappelant la qualité de son travail et en suscitant le désir de chacune des femmes présentes. Il rappelle, tout en restant moderne, qu’il n’est en rien un créateur novice, bien au contraire, lui qui défile depuis 1987 en s’inspirant à la fois de l’héritage historique de la Russie tsariste et de son imaginaire romanesque et poétique. Pour celles et ceux qui voudraient approfondir leurs connaissances sur ce créateur pendant le confinement, le critique d’art Alexey Tarkhanov présente son univers dans un livre richement illustré datant de 2013. 

Visuels : Christina V Henningstad @christina_henningstad et @catwalkshows

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Cloe Assire

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