Mode
Harriet Worsley décrit la mode sous toutes ses coutures

Harriet Worsley décrit la mode sous toutes ses coutures

21 mars 2012 | PAR La Rédaction

Journaliste de mode britannique, Harriet Worsley enseigne au prestigieux Central Saint Martins College à Londres et a publié plusieurs ouvrages sur la mode, dont l’un a déjà été traduit en français, Très tendance.

Saviez-vous que Charles Frederick Worth était le fondateur de la haute couture ? Que le magazine Vogue avait été lancé en 1892 et n’était au départ qu’un petit hebdomadaire new-yorkais ? Qu’Elsa Schiaparelli fut la première à utiliser ostensiblement la fermeture éclair sur les poches d’une veste de plage dans les années 30 ? Le livre de Harriet Worsley est l’occasion de revisiter l’histoire de la mode, des petites maisons de couture au géant industriel qu’elle est devenue.

De ce livre très bien illustré, qui se lit comme un magazine, on retient trois notions principales : tout d’abord, la mode est le miroir de la société, dont elle reflète les mœurs. Au fil des pages, les codes vestimentaires suivent de près l’évolution du statut des femmes.

Paul Poiret fait le premier pas en 1906 et insuffle une nouvelle dynamique à la silhouette féminine en la libérant d’un carcan de longue date : le corset et l’oppressante nécessité d’arborer une taille extra fine. On se promène volontiers le long des décennies et des styles, en passant par la fièvre du tango en 1910, les années folles et les rythmes frénétiques du jazz.

Peu à peu, l’apparence des femmes se métamorphose. Si Poiret lance son pantalon « harem » en 1909, large et resserré par une bande à la cheville, Coco Chanel et Jean Patou sont les pionniers de l’androgynie : blazers, pyjamas, cabans, chemises au col échancré et à boutons de manchettes, chandails… Dans la folie de l’après-guerre, le rock’n’roll fait tourbillonner les robes larges mais les corsages bien découpés persistent. L’émancipation n’est plus très loin : Mary Quant et ses mini-jupes enflamment le conservatisme d’après-guerre et continue dans la lancée de ses prédécesseurs : combiner commodité et esthétique.

La suite parle d’elle-même : tandis que le statut social des femmes s’améliore, leur apparence transgresse les vieilles normes de bienséance qui les ont si longtemps accablées. A coups de bikinis, de petites robes noires, de jeans, de tailleurs, de talons aiguilles, les tabous tombent les uns après les autres comme des quilles de bowling.

La deuxième idée que l’on retient de cette lecture est la place grandissante qu’occupe la mode depuis le début du 20e siècle, relayée de plus en plus par les médias et les stars du moment. D’abord l’apanage des élites, la mode n’existait que dans les petites maisons de couture. Mais avec la production de masse dans les années 50, elle s’est démocratisée et standardisée. Même si la mode reste un fort marqueur social, nul besoin d’être riche aujourd’hui pour avoir accès au prêt-à-porter.

Enfin, ce livre est l’occasion parfaite de revisiter les inventions qui ont marqué un siècle de mode : du soutien-gorge à la fermeture éclair et des tissus synthétiques aux épaulettes, les références sont innombrables.

Un livre de référence que tous les passionnés de mode devraient avoir sur leur étagère.

« 100 idées qui ont transformé la mode » de Harriet Worsley, trad. Paul Lepic, Seuil, 216 p., 29 €.

Rebecca Benhamou

Visuel : Kurt Hutton (c) Getty Images

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