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London 2012 : cérémonie de clôture

London 2012 : cérémonie de clôture

13 août 2012 | PAR Audrey Chaix

Ce dimanche 12 août s’est déroulée, à l’Olympic Park de Stratford, Londres, la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de 2012. Si la cérémonie d’ouverture se devait d’accueillir le monde entier dans la capitale britannique, la cérémonie de clôture est là pour honorer les athlètes et surtout faire la fête avant de se séparer. Mission accomplie… pas toujours avec bon goût, mais dans la bonne humeur !

Mise en scène par Kim Gavin, cette cérémonie de clôture, intitulée A symphony of British Music (rien que ça !), a transformé le stade olympique en discothèque géante. Disparus la piste d’athlétisme, le sable du saut en longueur, les perches du saut en hauteur, les haies, les marteaux et les javelots : une mini ville de Londres se dresse sur un Union Jack dessiné par Damien Hirst lui-même. Les allées de circulation, formées par les bandes de la Croix de Saint-George et du Saltire, sont recouvertes de pages de papier journal – hommage aux journalistes de Fleet Street – sur lesquelles sont inscrits des grandes phrases de la littérature britannique. Le décor est planté pour plus de trois heures de fête complètement folle.

Après une introduction qui célèbre la vie quotidienne des Londoniens, notamment des commuters, ceux qui prennent le métro chaque jour, commence l’entrée des athlètes dans le stade plus que laborieuse (il s’agit de les inviter à rejoindre les « zones pleines » de l’Union Jack, entre chaque allée, et c’est un peu le chaos…), chanteurs et danseurs envahissent la scène et nous replongent illico presto dans une ambiance eighties complètement kitsch !

Les plus grands noms de la musique pop rock anglaise se succèdent… avec des pointures légèrement moins impressionnantes, comme le boys band One Direction, dont on ne sait pas bien ce qu’ils font à un événement de cet ampleur… Annie Lennox, Liam Gallagher, George Michael (qui en profite pour faire la promo de son nouvel album), Madness, Muse, les Beatles, John Lennon (dans une belle reprise d’Imagine par une chorale d’enfants, un peu facile, mais cela fonctionne… même si souhaiter qu’il n’y ait plus de pays n’est pas vraiment dans l’esprit des JO !)… difficile de tous les citer. Notons le retour de deux groupes des années 1990 qui ont enflammé la foule : les Spice Girls, plus pétillantes que jamais avec « Wannabe », et les Take That, sans Robbie mais avec Gary Barlow, fidèle au poste alors qu’il vient de vivre une tragédie personnelle. Notons également trois moments d’humour typiquement britannique : Fatboy Slim mixant dans une gigantesque pieuvre en plastique (triste hommage à Paul le Poulpe, qui n’aura pas pu pronostiquer ces jeux ?), Russell Brand en Willy Wonka (si si) et enfin, Eric Idle, Monty Python de son état, sifflotant un « Always Look On The Bright Side Of Life » repris par un public en délire.

Après cette débauche de couleurs et de musique, vient le temps de la passation du drapeau entre les maires de Londres et de Rio de Janeiro. Redescendu de sa tribune, où il s’est déhanché quelques instants plus tôt au son des Spice Girls, Boris Johnson passe le drapeau au président du CIO, Jacques Rogge, qui le passe ensuite au maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes. Le stade olympique se transforme alors en carnaval de Rio, sur des rythmes de samba.

Le moment le plus réussi est sans doute, à 0:01, l’extinction du chaudron olympique. Le moment est introduit par Darcey Bussell, ballerine, accompagnée d’un corps de ballet et de bénévoles. Un bel instant de poésie, alors que les 204 torches qui composent le chaudron s’ouvrent en corolle avant de s’éteindre une à une – chaque délégation récupérera l’un des pétales,  apporté avec elles le jour de la cérémonie d’ouverture. La fête se termine avec The Who, sur « Baba O’Riley ».

La comparaison avec la cérémonie d’ouverture est facile, et n’est pas à l’avantage de celle de clôture. Kim Gavin n’est pas Danny Boyle, et sa cérémonie manque de ce souffle sacré qui a tant réussi à Boyle. En revanche, il s’agissait de faire la fête, et la mission est accomplie : plus qu’un spectacle narratif, il s’agit ici d’un gigantesque concert, réunissant des stars plus ou moins vieillissantes qui ont fait la gloire du Royaume-Uni dans la seconde moitié du XXe siècle.

 

Petit coup de gueule personnel, faisant écho à celui de la cérémonie d’ouverture : les trois compères de TF1 n’ont pas été, encore une fois, à la hauteur de l’événement. Quelques erreurs factuelles malheureuses, mais surtout, un manque de respect flagrant des artistes : lorsque Timothy Spall récite un extrait de La Tempête (et non un sonnet, comme nous l’ont dit nos amis de TF1), il s’agit de l’écouter, et non de couvrir sa performance. Lorsqu’un groupe est sur la scène, même lorsque l’on ignore qui il est (Elbow, en l’occurrence, ce que ne nous a pas révélé notre fine équipe), il est de bon ton de ne pas refaire les Jeux pendant les deux chansons qu’il interprète. TF1 avait peut-être à coeur de rattraper son absence (bénie…) sur la couverture des Jeux Olympiques, mais les téléspectateurs n’avaient qu’une envie : inventer une touche sur la télécommande permettant de les faire enfin taire…

 

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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