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Le FRIC fait la guerre à Marseille 2013

Le FRIC fait la guerre à Marseille 2013

10 janvier 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis quelques mois, un site web attaque dur la politique de la ville de Marseille. Ce qui est décrié par le FRIC-FRONT DES RÉFRACTAIRES À L’INTOXICATION PAR LA CULTURE, c’est un programme qui cache d’un vernis culturel une ville en déshérence.

« Les Marseillais sont censés participer aux réjouissances, se laisser bercer de bons sentiments, s’enthousiasmer pour une culture hors-sol parachutée depuis les sommets de la bureaucratie européenne et applaudir à l’éviction des cultures populaires intimement liées à ce territoire. Pour notre part, bien conscients que cette opération va se mener contre nous, nous ne serons pas les gogos de leur pseudo-évènement. S’ils veulent la guerre, ils l’auront ! ».

Ils se trimbalent cagoulés, accent chantant. Ils dénoncent le fait que les artistes locaux et les initiatives populaires ne sont pas au programme. Cela n’est pas faux. Le programme de MP 2013 avance des noms attendus et reconnus et se situe sur un territoire confortable qui ne va même pas chercher du côté de Mazargues ou des Goudes. La carte interactive regorgeant de petits points est centralisée entre la Joliette et le Vieux Port.

Si l’entreprise est louable : que les citoyens de la ville s’emparent du projet de politique culturel, l’ensemble des communiqués postés en ligne vomit plus sur le « Le bo-bo, ce très gros consommateur de produits culturels » qui, « peut ainsi se promener dans les cultures des autres, lui-même privé de toute épaisseur culturelle. » que sur les dysfonctionnements de l’évènement qui reste illisible à deux jours de l’ouverture.

Ce que le FRIC dénonce c’est un « bétonnage », une culture « hors sol ». L’arrivée de la capitale européenne de la culture vient changer le visage de la ville, amenant par exemple, le tramway et les magasins Rue de la République. Finis les marchés à même le sol et les vitrines disparates. Finie aussi l’insalubrité, mais cela, le FRIC ne s’en soucie pas, cultivant, dans un look de preneur d’otages, le « c’était mieux avant » dans un anti-capitalisme viscéral.

Reste, que les vidéos sont en soit des œuvres d’art, leurs installations autour d’une table, ventilateur venant troubler la lumière provoquent une sensation de performance plutôt détonante. Ils créent naturellement le buzz avec leur site très pro. Ils demandent à la population marseillaise de demeurer inerte face aux festivité, ça promet !

Visuel : capture d’écran

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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