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Hadopi : l’imprimante de mon voisin est coupable

22 avril 2009 | PAR Martial

hadopi-p2pAlors que la loi Hadopi doit repasser en justice le 29 avril devant l’assemblée, il semble que celle-ci comporte quelques petits problèmes techniques… En effet, il y a trois raisons qui laissent à penser qu’elle sera inapplicable, voire dangereuse.

La loi Hadopi prévoit de baser sa lutte contre le piratage sur la collecte d’adresses IP. Le premier danger de ce système nous vient du site de téléchargement The Pirate Bay, aujourd’hui en plein coeur de l’actualité et récemment condamné pour « mise à disposition d’oeuvres protégées ». En effet, celui-ci a décidé de glisser dans ses trackers (pour rappel : des fichiers qui permettent de télécharger) de fausses adresses IP, générées aléatoirement. Les  »chasseurs de pirates » se contentant pour la plupart du temps de relever les adresses IP (ce qui constitue aux yeux de la loi une information suffisante pour mener une action en justice), et cette adresse pourrait bien être… la vôtre ! Il vous sera cependant très difficile de pouvoir prouver que vous n’avez rien téléchargé à un horaire précis, un jour précis…

De fait, si la justice doit traiter les affaires au cas par cas, et avec précision (pour cela, systématiquement initialiser des connexions avec les ordinateurs suspects afin de vérifier leurs contenus), le coût de la loi Hadopi grimperait de manière excessive, et les procédures seraient d’autant plus longues. Ou alors, on admet un système où l’on risque de condamner autant d’innocents que de coupables…

Seconde raison : c’est l’abonné de la ligne qui sera sanctionner. Or, il est possible, de nos jours, de pirater la connexion de son voisin, et ce même si sa connexion est sécurisée. Des personnes pourront donc ainsi se voir suspendre leur abonnement internet sans raison. Toujours dans ce sens, une étude réalisée par l’Université de Washington a démontré qu’il était très facile de tromper les systèmes de surveillance pour accuser volontairement (!) ou non des internautes innocents. De cette façon, il est aussi possible d’incriminer une imprimante réseau ou un routeur (parce que ces machines ont aussi une adresse IP)…

Ceci nous amène à notre troisième et dernier point, et peut-être le plus dangereux. Il sera tout à fait possible d’utiliser volontairement l’adresse IP de quelqu’un d’autre afin de télécharger illégalement des oeuvres protégées, et de lui attirer des ennuis.

hadopi-prison

Pour résumer, la loi Hadopi, au lieu d’apporter des solutions concrètes au problème du téléchargement illégal et de l’audiovisuel, ne va faire que nourrir la paranoïa de l’internaut lambda, les mauvaises intentions, les délations, les erreurs judiciaires… et embourber Internet, les FAI et ses utilisateurs dans un complexe juridico-technologique. En effet, cette loi ne répondra en rien aux attentes des professionnels du cinéma et de la musique, comme des partisans d’un Internet libre.

Voici le lien vers l’étude des chercheurs Michael Piatek, Tadayoshi Kohno et Arvind Krishnamurthy de l’université de Washington :

http://dmca.cs.washington.edu/uwcse_dmca_tr.pdf

Rappel : une manifestation est prévue le samedi 25 avril.

Et pour terminer sur une note plus joyeuse, je vous propose de visionner la vidéo (drôle) de Mozinor :

Martial Combourieu

Sources : Numerama (Riposte graduée dangereuse), Numerama (Adresse IP Preuve), Generation-NT (Pirate Bay
Falsification).

Jeux : devenez le seigneur d’Internet
Cristal Ballroom : les roses noires de BABX
Martial

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