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[Jeu de société] « Great Western » : les aventures des garçons bouviers

[Jeu de société] « Great Western » : les aventures des garçons bouviers

12 avril 2017 | PAR Mathias Daval

[En collaboration avec Samuel Miloux]

Depuis plusieurs années, l’éditeur Gigamic, bien connu pour ses jeux abstraits et ses jeux pour enfants, s’est lancé dans une gamme de jeux de gestion de poids moyen à lourd, aux règles claires et aux mécanismes malins. Great Western s’inscrit parfaitement dans cette lignée.

Comment occuper ses journées, quand on est un éleveur texan au XIXe siècle, sinon en voyageant vers Kansas City à la tête de son glorieux troupeau de vaches à la robe luisante ? Votre troupeau, ici, c’est un paquet de cartes, que vous devrez mener au bout du plateau pour le vendre au meilleur prix. En attendant, vous allez passer de lieu en lieu pour recruter du personnel (cow-boy, ingénieur, charpentier), traiter avec les indiens, acquérir de nouvelles vaches, ou construire de nouveaux bâtiments qui vous offrent de nouvelles actions. Comme d’habitude dans cette gamme de jeux, il y a de nombreuses actions possibles et tout autant de façons de marquer des points, mais l’originalité principale est celle-ci : le jeu fonctionne par cycles de passages, d’un côté à l’autre du plateau, et il faut constamment choisir entre faire la traversée le plus rapidement possible pour vendre ses vaches à Kansas City ou prendre son temps pour accomplir plus d’actions.

Les mécaniques de jeu sont variées et les pistes de score nombreuses : on gagne des points en posant des bâtiments, en recrutant du personnel, en traitant avec les villages indiens ou en aménageant les éboulements qui encombrent le passage, en optimisant notre troupeau bien sûr avec des vaches de plus grand prix, mais aussi avançant notre locomotive grâce aux ingénieurs que l’on a pu recruter, et en s’implantant dans des villes, de plus en plus lointaines, où les vaches seront consommées. Outre le mécanisme principal qui repose sur une traversée constante du plateau, une autre idée ingénieuse est de nous faire débloquer des zones de notre plateau d’action personnel, choisies librement, à chaque fois que nous passons à Kansas City. Ainsi, à mesure que la partie avance, nous avons un éventail d’actions de plus en plus riche à notre disposition.

Il y a donc bien des manières, au total, de construire sa partie ; mais il faut se décider vite sur la voie à suivre, car, si Great Western est très riche en possibilités, il n’est pas très permissif : les actions et surtout les personnages sont rares et coûtent cher ; faire des choix hasardeux en début de partie sans avoir de ligne stratégique définie peut être extrêmement pénalisant. Les joueurs qui aiment se laisser porter au tour le tour pourront regretter ici un manque de souplesse ; les adeptes du calcul à très long terme, eux, y trouveront leur compte. Et tant pis pour ceux qui avaient parié sur la mauvaise vache.

Great Western, Gigamic, 2016.
2-4 joueurs à partir de 12 ans.
Durée : environ 90 à 180 minutes.
Prix : environ 36 €

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Mathias Daval
Né à Paris en 1977. Journaliste culture & nouveaux médias depuis 2001. Lauréat de la bourse du Centre National du Théâtre en 2014. Musicien, membre du groupe Dazie Mae. Cofondateur du journal I/O Gazette, éditeur pour The Theatre Times, et membre de la Fédération nationale des critiques de la presse, il vit actuellement entre Paris, Barcelone et d’autres dimensions de l’espace-temps plus difficilement accessibles.

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