Théâtre

Une semaine au festival d’Avignon 2

19 juillet 2009 | PAR Audrey Saoli

Aujourd’hui, comme à chaque début de festival, passage obligatoire : Le cloitre Saint Louis. Aujourd’hui, comme à chaque début de festival, crise de nerf. Cet endroit est désespérant ! C’est ici, qu’on achète les places du festival « in ». Il n’y en a jamais.

 

Il faut donc se livrer à un troc acharné grâce à un panneau devant la billetterie. On peut y passer des heures… Ce panneau est le révélateur de la tendance du festival. Il est un juge impitoyable. Cet année le spectacle de Joël Jouanneau : Sous l’œil d’Œdipe semble ne pas avoir été gâté par la critique ;  pratiquement toutes les places à revendre le concernent. Je n’ai pas envie de lutter, aujourd’hui sera une journée « off ».

 

Et j’ai le choix dans le programme off. D’un côté, il y a des saynètes de Brecht, « Grand’peur et misères », et de l’autre, une pièce de Matei Visniec : l’histoire du communisme racontée aux malades mentaux. Choisissant les deux,  je me suis balancée d’une dictature à l’autre.

 

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 La première pièces mise en scène par Antoine Chalard nous parle des petites misères ordinaires. La scénographie représente un immeuble où chaque individu va jouer son quotidien tragique. Dans la période d’avant guerre, le nazisme s’installe. Il n’y a ni monstres ni héros. Juste des petites gens dont les combats ont un gout de médiocrité. Leurs blessures ont  été oublié par l’histoire. Nous passons ainsi de parents suspectant leur fils de les dénoncer à la jeunesse hitlérienne, à la jeune fille dont le fiancé rentre dans le nazisme. C’est une belle pièce de Brecht bien servie par des comédiens accentuant très justement le burlesque des personnages. Il est néanmoins dommage que leurs vêtements ressemblent d’avantage à des déguisements de carnaval qu’à des costumes de théâtre.

 

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Quant à l’histoire du communisme racontée aux malades mentaux mise en scène par Victor Quezada-Perez, c’est l’une des pièces les plus drôles que j’ai vue cette année. Un écrivain est chargé par le parti d’écrire l’histoire du communisme pour soigner les malades mentaux. Il est donc amené à vivre en communauté avec ces drôles de personnages…  L’ univers créé par cette pièce est plein de poésie et de décalage. Les malades mentaux sont des clowns qui jouent de drôles d’instruments. Les costumes et le maquillage nous entrainent dans un univers onirique. C’est une caricature hilarante du communisme et des idées que Staline a ancré dans les cerveaux de cette époque. Une très bonne pièce délicate, poétique et désopilante.

L’art contemporain encore en question
Carla Bruni Sarkozy sur la scène du City Radio Hall
Audrey Saoli

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