Théâtre

Que reste-t-il de Paolo Uccello ?

Que reste-t-il de Paolo Uccello ?

11 février 2013 | PAR Ainhoa Jean Calmettes

Dans le cadre de la rétrospective organisée par le théâtre de la cité internationale, le collectif Grand Magasin propose une « restauration » d’une de ses pièces fondatrices, La Vie de Paolo Uccello.

Il s’agit d’une restauration, non d’une reprise. Le terme importe. La pièce originale est là, marquée par les quelques trente ans qui ont passé depuis sa première représentation. Il y aura des lacunes donc, quelques temps de latence. Une minute par ci par là, comme sur ses fresques qui ont traversé le temps, arrivant à nous à moitié effacées.  Il y aura des excroissances aussi. La restauration d’un tableau n’est jamais une reproduction à l’identique. Le texte alors, se double à tout moment de références réelles ou fantasmées au contexte de sa première mise en scène.

Processus de distanciation efficace et comique, pour une pièce qui s’amuse à déjouer les codes théâtraux. Ni mimèsis, ni même narration dans La Vie de Paolo Uccello. De la vie du peintre florentin du XVème siècle, nous en saurons bien peu finalement, si ce n’est son obsession pour les oiseaux.  Mais que font-ils donc sur scène François Hiffler et Pascale Murtin ? Ils s’amusent, pour notre plus grand régal.

Il est dit que les deux acteurs créent des « spectacles dans leur plus simple appareil, des spectacles presque sans danse et sans théâtre, sans entraînement et sans savoir-faire, des spectacles qui interrogent simplement ce qui reste sur la scène quand on a tout retiré : c’est a dire le langage ». On ira plus loin : François Hiffler et Pascale Murtin créent leur propre langage en mixant les gestes et les mots. Absurde, le terme glisse sur nos lèvres quelques minutes. Pourtant passé une première surprise, on se laisse prendre au jeu. Bientôt, on attend la répétition qui fera décalage, la variation dans ces récitations de nom d’oiseau, de lettres ou de chiffres. La pièce vient toucher quelque chose qui a trait au réflexe corporel. Le rire, du « mécanique calqué sur du vivant » disait Bergson, l’automatisme se propage de la scène à la salle: on rit sans vraiment savoir pourquoi, mais de bon coeur. Sûrement parce qu’on rit avec les acteurs, jamais malgré eux.

Visuel : (c) TCI

 

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Ainhoa Jean Calmettes

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