Théâtre

Ode Maritime : Regy nous convie à une longue traversée en solitaire

10 mars 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La création la plus remarquée du dernier festival d’Avignon, fait son entrée au Théâtre de la Ville, un parcours en apparence sans faute pour Jean-Quentin Châtelain dans le rôle du poète Alvero de Campos inventé par Fernando Pessoa et mis en scène par Claude Régy . L’attente était forte, et la déception fut d’autant plus grande.

Dans le décor sublime pensé par Claude Regy, une immense vague en métal avec en son cœur un ponton, ou un pont de bateau, qui avance le comédien au plus près du public. Jean-Quentin Châtelain, une fois l’échelle gravie pour accéder à son plateau réduit, reste prés de 2 heures, seul, quasiment immobile, le regard et les mains fixes, le visage dans une pénombre stylisée.

Seul, il déclame avec patience et force le long et beau poème de Fernando Pessoa, Ode Maritime. Nous amenant, grâce à la scénographie, sur le pont d’un bateau, au milieu de l’océan, la nuit. Le comédien-capitaine récite son rapport à la mer et aux éléments. 

Le principal acteur d’Ode Maritime est donc la voix de l’acteur, portant un langage, dont Regy affirme qu’il est « plein de trous, d’équivoques, de sous-entendus. C’est dans ces écarts-là que tout se passe », et c’est ainsi que Le monologue monocorde d’Yves-Quentin Châtelain, ponctué de respirations, de longs silences et parfois de cris ,vient dire les entrailles du monde et l’infinie solitude de l’homme. 

Ode Maritime séduira ceux qui aiment le genre du monologue. Si le théâtre de la Ville à l’habitude des seuls en scène, l’exercice est ici poussé à l’extrême puisque le jeu réside dans l’immobilisme du comédien. Cela nous permet de plonger littéralement dans l’univers de Claude Regy qui travaille depuis de nombreuses années sur l’immobilisme comme porte d’entrée de l’âme, mettant en avant le texte seul dans une scénographie contemporaine. 

Le spectacle provoque deux réactions contradictoires et chevauchantes, l’admiration d’abord, face à la découverte d’une proposition totalement neuve même si elle s’inscrit dans une continuité . Egalement, des moments de lassitude. Le spectacle durant près de deux heures, la prestation de Jean-Quentin Châtelain associée à l’ambiance laboratoire voulue par Claude Regy finit par lasser et ennuyer à force de moments trop emplis de froideur. 

Ode maritime, de Fernando Pessoa (texte français de Dominique Touati, édité aux Editions de la Différence) ; mise en scène de Claude Régy. Du 8 au 20 mars 2010, à 20h30. Relâche le dimanche 14 mars. Théâtre de la Ville, 2, place du Châtelet, 75004 Paris. Réservations au 01 42 74 22 77. Durée : 1h45.

© Pascal Victor /artcomart

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

One thought on “Ode Maritime : Regy nous convie à une longue traversée en solitaire”

Commentaire(s)

  • Barre-de Miniac

    C’est totalement ennuyeux, inintéressant sur le plan théâtral. Et c’est vraiment dommage de massacrer un texte de la sorte. Peut-être qu’à la radio ou sur un CD. Au moins on profiterait du texte.

    mai 7, 2010 at 20 h 45 min

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