Théâtre

Night in white Satie, Pierre Notte sur commande [Avignon Off]

Night in white Satie, Pierre Notte sur commande [Avignon Off]

14 juin 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’ADAMI fête les 150 ans d’Erik Satie et a demandé pour l’occasion au roi de la nostalgie chantée, Pierre Notte de penser Night in white Satie. L’occasion pour le metteur en scène génial de Moi aussi je suis Catherine Deneuve de diriger Nicole Croisille et de poser des mots sur les Gnossiennes

Rappelons en préambule, que cette version est adaptée du grand show donné le 3 septembre 2016 au Rond-Point. Ici c’est un spectacle pensé pour les obligations du Off d’Avignon qui est joué : distribution réduite et décor facilement démontable.

Alors on connait tous un « morceau » d’Erik Satie, puisque du porno aux jeux vidéos les notes faussement légères de ce pianiste d’1 mètre 67 sont devenues un lieu de mémoire. Alors comment Pierre Notte allait pouvoir mettre sa touche dans un spectacle qui doit rendre hommage à Satie ?

D’abord, en ne se prenant pas pour quelqu’un d’autre. Oui il y aura de la lumière rose, et oui, on mangera à la cuisine. Le génie ici et d’avoir invité celle qui si souvent fait les voix off dans les spectacles de Notte. Et Nicole Croisille est une rock star, il faut le dire. Voix parfaite, présence scénique intacte. C’est un bonheur immense de voir celle qui chantait « Parle moi de lui« , là devant nous, en (petits) talons et grande cape rouge de « Mistinguette, comme le bon dieu m’a faite et c’est très bien comme ça ». Il y aura aussi des paroles collées aux mélodies de Satie où il sera question de désir, d’attente, d’amour, comme toujours dans les spectacles de Pierre Notte.

C’est une idée formidable de faire parler les Gnossiennes. Et là oui, les poils se hérissent quand Nelson-Rafaell chante « m’aimerais-tu quand même si j’étais femme avec mes us mes coutumes et mes larmes », et quand Anita Robillard ( au super tutu) chante, elle, « je te veux », et puis aussi, quand Nicole Croisille danse. ..

Au fur et à mesure que la pièce avance, on commence à saisir l’homme Satie, né le 17 mai 1866 à Honfleur, franchement pas sympathique, cynique et misanthrope à souhait, et peu disposé à faire dans le populaire, au maximum, il consent à la « musique d’ameublement ». De la musique tout le temps partout, et sur scène bien sûr, comme toujours, un piano, bien maîtrisé par Donia Berriri.

Le spectacle brille dans ses parties chantées  mais  flanche du côté du théâtre. Les dialogues semblent avoir été collés dans les bouches des comédiens et le choix d’un danseur très figuratif est daté et inutile. Si Il manque ici les tristesses de Notte, les mères introuvables et les caissières désirables, Night in White Satie est une déclaration d’amour à la musique de Satie et il faut le voir comme tel.

Les fans de Pierre Notte pourront retrouver sa mise en scène de L’histoire d’une femme aux Trois soleils.

Du 7 au 30 juillet au Théâtre du Balcon à 22h15, relâche 11, 18 et 25. Durée 1h25

Night in White Satie – L’Adami fête Satie from Adami on Vimeo.

 

Visuel : © Giovanni Cittadini Cesi

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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