Théâtre

Miss Knife revient, elle chante Olivier Py au Théâtre de l’Athénée

Miss Knife revient, elle chante Olivier Py au Théâtre de l’Athénée

24 octobre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Miss Knife revient des bas fonds, elle a échappé au suicide et susurre sa nostalgie des plans culs des chiottes de la Gare de l’Est alors que le SIDA explose. Elle brille, paillettes dehors. Elle va baisser la garde et devenir… Olivier Py. Au théâtre de l’Athénée.

Il y en avait des grou-PY dans la salle hier soir. Parmi nous et nous avec, ceux qui ont découvert ébahis en 1995 le phénomène cabaret du metteur en scène avant de rencontrer, encore à Avignon, en 1999, cour du Musée Calvet, Miss Knife alors en ballade, ensuite, il l’a incarnée, Drama queen grandiose dans les velours du Théâtre Municipal, Avignon toujours mais en 2005. Il y a eu d’autres rendez-vous.

Directeur du CDN d’Orléans il avait attaqué la saison dans son personnage, directeur déchu à l’Odéon, il est parti sur les paillettes de la belle blonde. Remettra-t-il son fourreau de lumière en juillet 2014 en foulant la Cour d’Honneur ? On en rêve mais on en est pas là. Pour le moment, Olivier Py est comédien et chanteur. Uniquement. C’est troublant. « La vie d’artiste c’est l’errance ». On aurait envie de dire grandeur et déchéance.

Son récital est tout nouveau même si les amoureux de son travail reconnaitront des airs et les chants puisés dans ses précédents spectacles. Ici 15 titres viennent chanter l’absolue solitude et l’amour déçu. Les textes se jouent de la mièvrerie des situations, elles sont tellement banales qu’elles nous transpercent « Une chanson qui nous fait mal et qu’on voudrait toujours entendre ».

Tout y passe de la nostalgie d’un amour vieux de 20 ans croisé par hasard et qui LUI ! a vieilli, mais pas nous, pas nous ! « Je ne sais pas si vous êtes comme moi » demande la belle miss avant chaque chanson. Mais si ! Chacun amoureux de l’amour, stupide.

Léger, le spectacle ne l’est pas et cela se voit à au moins deux détails. Cette lumière rouge au centre du panneau pensé par le scénographe Pierre André Weiss et cette autre ampoule posée sur scène, symbole d’éternité. Cette miss Knife a été blessée, on serait fous de penser que ce qui l’a touchée n’était que futile.

Miss Knife cache Olivier Py sous la perruque, d’abord une blonde, puis rose. Il les arrachera en un geste tragique, comme les faux cils plus tard. Héritier à égalité de l’Ange Bleu comme des spectacles de travestis de boites gays de province, le comédiens sait transmettre la beauté du pathétique.

On rit de son malheur, on applaudit « Le tango du suicide », un peu de sérieux dans ses actes non mais ! La chanteuse est très encadrée par ses musiciens. Oubliés l’accordéon de Christian Paccoud et la contrebasse du regretté Matthieu Dalle. Ils sont un quintet maintenant. Elle donc, puis Julien Jolly à la batterie, Olivier Bernard au saxophone, flûte et clarinette, Stéphane Leach au piano et Sébastien Maire à la contrebasse.

« Misse Knife chante Olivier Py » est un récital pour les amoureux des deux personnages, aucune distance n’est posée ni entre eux deux ni entre la scène et le public. Cela dérange ou séduit. Nous on adore.

Visuel © Éric Deniset

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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